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HP Slate 500 donne un corps séduisant à l’idée pas nouvelle de Tablet PC

Samedi, octobre 23rd, 2010

Cela fait plus de 10 ans que circule l’idée de Tablet PC, en gros un PC-écran débarrassé de sa tour de contrôle beige, devenue noire avec le temps. Il y a quelques années, ce concept de PC-écran traînait encore avec lui un clavier physique, et se déployait sur une surface minimum de 17 pouces. Mais l’iPad est passé par là, et la taille de l’ardoise magique a rapetissé.

Avec la tablette Slate 500, HP est passé du prototype (ou de la série limitée – qui connaît un propriétaire de tablet PC “old school” autour de lui?) à la production de masse. Encore que la masse en question soit limitée, puisque HP a conçu cette tablette essentiellement pour le marché Entreprises. Le constructeur informatique, sans doute sur la suggestion de son partenaire Microsoft, fait la distinction entre “Media Tablet” (plutôt grand public et destiné à un usage loisirs) et “PC Tablet” destiné à un usage professionnel. Ce distingo apparaît quelques jours après que Steve Jobs a désigné le marché Entreprises comme un segment très prometteur pour l’iPad… ça ne vous rappelle rien?


Présentation HP Slate 500

On est plutôt soufflé par la segmentation inédite Media/PC, qui a du fondement quand on la décline en loisirs/professionnel, mais qui montre tout de même que pour certains l’industrie informatique devra encore continuer à tourner autour de 2 lettres, PC :-) , et de Windows circa 7, puisque c’est l’OS qui anime ce nouveau concurrent de l’iPad.

Le HP Slate 500 représente sans doute une des réponses les plus séduisantes de Microsoft pour continuer à dominer le marché Entreprises dans le nouveau paradigme informatique  initié par l’iPad. Cette tablette arrive armée, comme d’habitude, de l’argumentaire clé de la firme de Redmond: les applications Office et l’intégration avec l’environnement Windows. Ces applications sont certes aujourd’hui contestées par Google Docs et les applications mobiles, mais elles ont encore une présence dominante dans l’entreprise. HP a intégré d’office – ah ah – des accessoires, comme le stylo électronique, la station d’accueil, et la coque protectrice, qui pour les tablettes concurrentes sont des éléments à acheter en supplément. Bien vu. Pour moi un des usages clés d’une tablette est la  reconnaissance d’écriture et la possibilité de pouvoir écrire dessus avec un stylet ou les doigts (ce que permettaient déjà les PDA Palm).
Contrairement à nos confrères de TechCrunch , je ne pense pas que cette nouvelle “ardoise” (c’est la traduction de “Slate”) marque un simple bégaiement attrayant de l’évolution du marché des tablettes.

En termes de taille, l’écran du Slate se situe entre les 7 pouces du Galaxy Tab de Samsung et les 10 pouces de l’iPad, peut-être la taille idéale finalement.
Devinez quoi, j’ai un PC sous Windows 7 au boulot, et je suis bien tenté par lui adjoindre un compagnon en la forme de cette tablette HP…

A travers le Slate 500, le “Windows canal historique” pour ordinateurs de bureaux fait encore de la résistance (financière entre autres) aux systèmes d’exploitation pour tablettes/smartphones, Windows Phone  compris, systèmes qui, sous l’influence de Google, sont devenus une commodité distribuée gratuitement aux constructeurs de téléphones. Ah oui, un détail, le prix de la bête est d’environ 799 dollars, sans doute un peu moins en euros. Et ici pas question de subvention opérateurs :-(

Nokia poussé à réinventer sa vision de la convergence sous la pression des plateformes Apple et Androïd

Mercredi, septembre 15th, 2010

Il fut un temps où Nokia, le premier fabricant au monde de téléphones portables, était vu par son marché comme le premier sur ce secteur à la fois en termes d’appareils vendus, mais aussi en termes d’innovation. On se souvient par exemple que début 2000, Nokia était le premier à intégrer la fonction appareil photo au téléphone mobile. L’entreprise a d’ailleurs veillé à conserver l’avance matérielle sur cet item en incluant une optique Carl Zeiss sur ses téléphones haut de gamme. Côté logiciels de traitement photo, c’est une autre histoire, dont nous parlerons plus tard.Nokia

Si Nokia reste toujours le premier vendeur de téléphones, sa position en tant que premier innovateur de son marché a été mise à mal par le succès de la plateforme iPhone, et aujourd’hui celle d’Androïd.
Le lancement puis le succès de l’iPhone ont marqué le passage d’un environnement où le téléphone était essentiellement défini par son design et ses composants matériels (qualité de la capture photo, de la lecture audio), à un environnement où les applications sont devenues fondamentales. Sur ce point, vous pouvez  lire sur le site Techcrunch les propos d’analystes.

L’irruption d’Apple sur le marché de la téléphonie a finalisé la fusion des métiers de l’informatique et des télécoms, un processus commencé il y a plusieurs années.
L’effet de l’iPhone sur le business des smartphones Nokia est un peu comparable à ce que la fusion des PDA et du téléphone mobile a produit sur le business de Palm (le pionnier dans les agendas électroniques): un processus de déclassement aux yeux du marché et des leaders d’opinion. Il faut se souvenir que jusqu’au rachat par HP, Palm ne s’est jamais vraiment remis de ce processus; mais le marché des tablettes lui offre une nouvelle opportunité.

La téléphonie mobile est-elle devenue d’abord un business d’éditeurs de logiciels? En l’espace d’une semaine, Nokia a annoncé le départ du Directeur de sa division smartphones, ainsi que celui de son PDG, remplacé par un “routier averti” de l’informatique, en provenance de chez le premier éditeur mondial de logiciels, Microsoft. Soit dit en passant, vu l’identité des 2 forces les plus disruptives, on se serait plutôt attendu que le nouveau PDG vienne des rangs de Google ou d’Apple…
Cela dit, le choix par Nokia d’un PDG issu de l’informatique confirme la nécessité de renforcer la culture maison dans le domaine logiciel. Les difficultés sur ce plan ont particulièrement été visibles lors du lancement contrarié d’OVI, l’équivalent de l’Appstore d’Apple.

Une fin 2010 riche en tablettes?

Jeudi, août 26th, 2010

A la lecture des Echos et du Figaro économie ce jeudi 26 août, on en apprend un peu plus sur la fièvre qui s’est emparée des fabricants informatiques concernant le prochain périphérique convergent, né dans le sillage de l’iPad, et qui apparaît généralement sous le nom de “tablette”.  Cette fièvre fait suite à celle apparue en 2009 autour des Netbook, relégués du coup au second plan.

Archos 7 Home Tablet

Archos 7 Home Tablet

Qu’apprend-on dans les articles mentionnés?

  • Apple lancerait d’ici 2011 des mini iPad, moins encombrants que la première génération (mais plus grands qu’un iPhone) et moins coûteux. Si cela se confirmait ce ne serait pas surprenant. L’hétérogénéité de la famille iPod ne lui a pas nui, au contraire; il y en a pour toutes les bourses. Un tel lancement démentirait cependant tous ceux qui avaient osé écrire que la surprise avec l’iPad était son prix incroyablement bas… :-)
  • Orange, un des premiers opérateurs mobiles dans le monde serait lui sur le point de lancer une tablette bon marché sous le système d’exploitation Android de Google. Un périphérique successeur de son Tabbee, ce cadre photo numérique évolué/mini média-center, qui ne bénéficie pas de l’offre applicative, ni de la fureur marketing qui entoure l’iPad
  • D’autres fabricants comme Samsung, Dell, HP et Archos devraient suivre. Ce dernier ayant déjà sorti des tablettes sous Android et Windows 7, mais sans bénéficier d’une bonne presse. Un système d’exploitation trop lent ou des composants matériels dépassés sont généralement les défauts pointés. Archos est cependant le seul compétiteur d’Apple déjà identifié chez l’analyste GFK, lequel désigne le nouveau périphérique convergent sous le nom de “Web book”… On est curieux de connaître  la différence sémantique avec un Netbook :-)

Quelques points saillants  sur ce marché des tablettes:

  1. Il n’est pas récent. Microsoft travaille sur l’idée de “Tablet PC” depuis les années 90…  Les premiers prototypes n’avaient certes pas une taille aussi réduite et incluaient des claviers physiques. On peut aussi considérer que Palm, avec ses PDA, était déjà un fabricant de tablette.
  2. Même si le concept existe depuis longtemps, Apple apparaît comme celui qui a ouvert ce marché avec l’iPad. On est ainsi dans uns situation différente ce qui se passait pour les baladeurs numériques ou le téléphone portable, où Apple est arrivé après et a révolutionné ces produits. C’est donc l’occasion de voir si la concurrence multiforme qui s’annonce est capable de révolutionner une ligne de produit inaugurée par Apple.
  3. La décision d’Apple de décliner la famille iPad est une façon de reconnaître que la première génération n’est pas à même de répondre au grand spectre de besoins suscités par le nouveau périphérique convergent. Nombreux sont ceux qui ont pointé par exemple l’absence de périphérique de stockage, de caméra, ou le poids de cet engin qui ne permet pas de l’utiliser dans les transports en commun. Le lancement des iPad mini est ainsi une arme pour répondre à la concurrence qui va s’engouffrer dans les limites identifiées des premiers iPad.
  4. Qu’un opérateur téléphonique, dont ce n’est a priori pas le coeur de métier, puisse se lancer sur ce marché quelques mois à peine après son ouverture par le fabricant informatique qu’est Apple montre l’accélération du temps technologique que nous vivons, ou confirme que le concept de tablette est dans l’air depuis suffisamment longtemps pour que des acteurs non issus du monde informatique puisse se lancer très rapidement.
  5. Les fabricants qui iront sur ce marché vont affronter une concurrence très hétérogène. Des consoles de jeu portables comme la PSP de Sony ou la DS de Nintendo, qui n’arrêtent pas d’étoffer leurs fonctionnalités, jouent sur le même terrain. Il en est de même pour les cadres photos numériques, qui devraient voir leurs fonctions s’enrichir.
  6. On est curieux de voir ce que Nokia, qui a surpris en  lançant un Netbook début 2010, va faire sur ce marché. Certains (dont nous ne sommes pas forcément) lui conseillent de remplacer son système Symbian par Android, le système d’exploitation gratuit qui monte, et qu’Orange a retenu pour sa tablette. Et que dire de HP qui a racheté Palm, un des premiers fabricants de tablettes, alors connus sous le nom de PDA?

Alors nos écrans de smartphones sont-ils devenus si rapidement trop petits?

Pourquoi le système d’exploitation de Google ne sera pas forcément un bide comme le dit Slate.com

Mardi, août 4th, 2009

Le 7 juillet dernier Google a officiellement confirmé ce que le lancement du navigateur Chrome laissait percevoir: la préparation d’un système d’exploitation maison par la plateforme de référence pour la recherche sur Internet.

De nombreux commentateurs, y compris votre serviteur, avaient alors décrit Chrome comme l’embryon de l’OS Google, et l’entreprise elle-même précisait dans son communiqué, à travers un savoureux jeu de mots lancé à Microsoft, que Chrome était “The window to the Web”, la fenêtre sur l’Internet… suivez mon regard :)

A la suite de cette annonce, le site Slate – que j’apprécie beaucoup par ailleurs -, par la plume d’un de ses chroniqueurs, a quasiment enterré le futur OS par un article repris sur la version française du site, Slate.fr: “L’OS de Google sera un bide“. Voir la version anglaise.
Bien sûr cela fait partie de la stratégie éditoriale de Slate que de publier des grands papiers polémiques destinés à susciter des commentaires de scribes comme moi :) , mais cet article est sérieux et il mérite d’être nuancé. Techcrunch, par exemple, considère que l’annonce de Google a fait l’effet d’une “bombe nucléaire“. A relativiser, car la bombe était plutôt l’annonce du navigateur Chrome l’année dernière. L’officialisation  de Chrome OS serait plutôt une “bombinette”. Jean-Louis Gassée, du blog Mondaynote, un des observateurs les plus avertis du marché des systèmes d’exploitation, offre un commentaire assez partagé, entre doutes (sur l’aspect uniquement tactique de cette annonce) et intuition que Google est en train de se transformer en Microsoft 2.0. Le blog Mondaynote offre d’ailleurs un ensemble d’articles très instructifs sur la bataille du Cloud computing.

Face aux 5 raisons listées par Farhad Manjoo pour ne pas croire dans le futur système d’exploitation de Google, on peut opposer au moins 5 arguments contraires:

  1. Contrairement à Linux, qui échoue à être un système d’exploitation grand public, parce qu’il n’y a pas unité de vision et de stratégie commerciale à travers les multiples sociétés qui en développent une version, le futur système d’exploitation Google, basé sur Linux,  sera édité par une des plus grandes sociétés informatiques au monde, disposant de budgets R&D  et marketing plus que significatifs.
  2. En lançant Chrome, le navigateur nouvelle génération, Google signifiait une vision stratégique selon laquelle les positions du marché informatiques ne pouvaient pas être changées tant que des compétiteurs ne seraient pas en mesure de proposer un système d’exploitation – à la fois crédible et populaire – alternatif à Windows. Google a commencé à déployer cette stratégie sur le mobile, un marché plus ouvert que celui du Desktop, mais avec en ligne de mire de passer sur le marché de l’ordinateur de bureau à un moment donné.
  3. L’expérience du mobile, qui a vu des opérateurs comme Orange ou SFR, des fabricants comme Samsung ou HTC, intégrer l’OS Android de Google, se reproduira sur plateforme Netbook. Google, outre l’arme du budget et du savoir-faire marketing, bénéficiera donc du facteur clé de succès qui est l’écosystème matériel et logiciel entourant le futur système d’exploitation, en un mot le nombre de grands noms de l’informatique qui adopteront rapidement et massivement ce système d’exploitation.
  4. On peut donc faire le pari que, parce qu’il s’agit justement de Google, une des plus grandes sociétés actuelles d’informatique grand public – parmi les rares capables de rivaliser avec Microsoft -, des acteurs comme Acer, HP ou Sony n’hésiteront pas à proposer au grand public des ordinateurs intégrant l’OS Google.
  5. Contrairement à ce qui est avancé dans l’article de Slate, Linux existe maintenant depuis plus de 20 ans et est devenu un système d’exploitation plus que mature, conçu pour l’Internet et qui bénéficie d’applications de bureautiques robustes, compatibles avec Windows, comme la suite Open Office. Google avec son système aura sans doute pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateur Linux.
  6. Finalement une 6ème raison: et si l’informatique de demain était encore plus micro que micro: Netbooks, smartphones, montres-ordinateurs… un système conçu dès le départ pour ces plateformes ne serait pas idiot.