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Chrome OS, Google rebranche l’ordinateur portable

Jeudi, mai 12th, 2011

L’ordinateur portable n’est pas tout à fait mort, pas encore enterré par les tablettes tactiles. Le châssis bouge encore, dessiné par Samsung et Acer, Google inside, Chrome OS plus précisément, le système d’exploitation qu’un article de Slate US destinait à un échec rédhibitoire… Quasiment 3 ans après avoir lancé le navigateur Chrome, la brique centrale de sa stratégie d’informatique dans les nuages, Google vient d’annoncer le lancement officiel de son système d’exploitation le 15 juin, préchargé sur des ordinateurs portables.

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Fin 2010, le géant de la recherche avait envoyé des ordinateurs de tests à plusieurs centaines de testeurs. Depuis, de nombreuses mises à jour, basées sur les retours utilisateurs, ont permis de corriger les bugs, d’améliorer l’expérience utilisateur, et d’optimiser les configurations matérielles… Les Mises à jour vont d’ailleurs continuer, à échéances régulières. Ça vous rappelle quelque chose? Oui, le mode de développement du logiciel libre, Linux notamment.

Le modèle de développement et de lancement de Chrome OS, préchargé sur des ordinateurs nommés “Chromebooks”, s’inspire en fait de plusieurs modèles qui ont fait leur la preuve de leur succès ces dernières années.

1. Le développement en mode logiciel libre, c’est à dire l’implication d’une communauté de développeurs et d’utilisateurs dans la fabrication d’un outil informatique
2. La commercialisation, popularisée par Microsoft, d’un système d’exploitation avec les ordinateurs qu’il anime, avec ici une intégration plus poussée, car c’est Google qui a imposé les spécifications matérielles des machines
3. La disponibilité d’une boutique en ligne d’applications, popularisée par l’Appstore d’Apple

En lançant Chrome OS il y a 3 ans, Google défendait une vision selon laquelle le système d’exploitation c’est l’Internet! L’entreprise est en train de réaliser cette vision sous nos yeux. Apple, avec son iPad, défend aussi à cette vision. Mais la firme à la pomme a décidé de placer iTunes, entre nous et le Web. Et l’iPad n’a pas été conçu comme un outil de productivité. Des applications métiers peuvent l’y aider, mais c’est d’abord un super appareil pour la consommation de médias, un mini media center.
Avec Chrome OS, Google nous montre que nous aurons peut-être encore besoin des ordinateurs portables pour être productifs.

Ce que promet Google avec ces nouvelles machines:

1. Toutes les applications dans les nuages. Le géant de la recherche peut s’appuyer pour cela sur les applications populaires qu’il a créées ces dernières années… Gmail, Google Docs…
2. La possibilité de travailler en mode déconnecté, et de synchroniser quand une connexion est disponible
3. Des ordinateurs légers-puissants, qui démarrent en 8 secondes, mazette (comme une tablette tactile?)
4. Le stockage en ligne (les vendeurs de disque durs vont devoir se reconvertir?)

Alléchant tout ça. Google semble ainsi en passe de réussir là où de nombreux acteurs ont échoué à proposer une alternative de masse à Windows… L’entreprise pousse l’offensive jusqu’à la mise en place de plans d’abonnements, avec des forfaits mensuels comme dans la téléphonie mobile, destinés prioritairement aux étudiants et aux entreprises; de nombreuses PME devraient se laisser séduire, et sans doute des collectivités territoriales et des administrations aussi.
On verra si à la rentrée prochaine les étudiants se ruent sur des portables Chrome OS, et si à Noël prochain, ces portables nouvelle génération tiennent tête aux tablettes tactiles…

Mon premier mois avec l’iPad2

Samedi, avril 30th, 2011

Ceci est ma première chronique rédigée depuis une tablette tactile. La version de WordPress pour iPad que j’utilise ne permet d’ailleurs pas une mise en forme élaborée, vous me le pardonnerez, chers lecteurs.
Fin mars, j’ai mis la main sur une version 3G de l’iPad2, essentiellement pour les pitch client, dans le cadre de mon travail chez Kreactive (agence marketing mobile). Dans ma vie quotidienne, je n’avais pas vraiment besoin d’une tablette. Mon smartphone Nokia répond en effet déjà à de nombreux usages Web, dont le plus récurrent est la navigation Internet en situation de mobilité. Mais la valeur ajoutée de l’iPad par rapport à un smartphone, comme nous le remarquions déjà dans l’article consacré à sa première version, est qu’il offre une interface extraordinaire pour partager des expériences, des présentations, etc. Et quand on travaille dans le marketing mobile, la tablette tactile comme support de “prez”, ça va un peu de soi. La perte de poids imposée à l’iPad2 renforce encore son “utilisabilité” comme support de démonstration.

Ce qui marque, après un peu moins d’un mois d’utilisation:

  • Le plaisir de la navigation Internet: l’iPad procure un excellent confort de navigation. Le concept de “tablette Internet” semble avoir été inventé pour cet engin, et le browsing Web en devient plus addictif. La presse ne s’y est pas trompée d’ailleurs qui a tout de suite vu une planche de salut dans cette ardoise magique. C’est que L’iPad offre enfin une expérience de lecture ludique, quasi magique, qui peut faire oublier – un instant – la praticité et la ductilité du papier. La consultation des messageries Web, un des usages les plus populaires du Web, est un des domaines où la praticité de l’interface tactile de l’iPad est patente. Yahoo et Gmail proposent ainsi des versions html5 adaptées à l’iPad qui rendent obsolète la consultation des mails depuis un PC.
  • La gestion quasi magique de la connectivité: l’iPad bascule automatiquement de la 3G vers les réseaux WIFI enregistrés, et de manière souvent très fluide. Ça a l’air anecdotique, mais cette gestion fluide de la connexion Internet contribue certainement au succès des périphériques iOS. A titre personnel, j’ai renoncé il y a 2 ans à mon smartphone HTC suite notamment à l’impossibilité d’utiliser la connexion WIFI.
  • L’adieu au clavier physique: les lecteurs de ce blog savent que je suis un fervent partisan du clavier physique. Mon Nokia N97 en témoigne. Et bien après ce premier billet sur clavier virtuel, je pense que je suis en train de dire au revoir à cette survivance du monde PC… On se demande d’ailleurs qui achète les claviers physiques pour iPad… A l’usage, le format d’écran proche du papier A4 se révèle très pratique, notamment quand la tablette est posée sur un support, lors de la prise de notes ou pour rédiger un article.

Quelques limites quand même:

Au nombre des limites qu’on peut souligner pour cet appareil, on peut citer

  • La nécessité de le synchroniser avec un ordinateur, PC ou Mac, via le logiciel iTunes. C’est un fil qui le retient encore à l’ancien monde. Mais il paraît qu’Apple vient d’acquérir l’adresse iCloud.com, et qu’une version dans les nuages, “sans fil” de iTunes se rapprocherait.
  • Une question surgit également sur la possibilité de pouvoir utiliser l’iPad comme appareil de productivité. Si l’usage en traitement de texte ne pose pas de difficulté, il semble par exemple qu’il n’y ait pas encore de solution simple pour créer des fichiers de présentation de type Powerpoint. Cela ne devrait pas tarder à changer, quand on voit par exemple que Adobe propose une version iPad très bluffante de son célèbre logiciel de retouche d’images, Photoshop.
  • La gestion de la sécurité sur la tablette… Compte utilisateurs, mot de passe, la sécurisation de certains dossiers… Le PC semble avoir encore de l’avance sur ce territoire-là
  • Il faudrait bien sûr mentionner l’absence de Flash, mais on y survit apparemment!

En vrac, quelques applications qui ont marqué ce premier mois d’utilisation:
- Médias: Paris Match, France Télévisions, Wired (merci Yacine)
- Navigation Web: Safari, mais avec la limite du Flash; on attend Opera et Firefox pour iPad
- Téléphonie: FaceTime évidemment, la visiophonie by Apple, on en reparlera
- Voyage/itinéraire: Google Maps, Mappy
- Loisirs: IMDB, Allociné, Télé Loisirs
- Multimédia: Photoshop Express
- Jeux: Bubble Blast
Je cherche un logiciel – heu que dis-je une application – de reconnaissance d’écriture manuscrite, pour pouvoir écrire avec un stylet et utiliser mon iPad2 comme un bloc-note old school; vous avez une suggestion?

iPad2: “Attrape-moi si tu peux”, le film qu’Apple projette à la concurrence

Mercredi, mars 2nd, 2011

“Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers”, Steve Jobs lors du lancement de l’iPad 2

On avait ici un peu fait la fine bouche à l’annonce de la première version de l’iPad…la  seconde version qui vient d’être annoncée lève à peu près toutes les réserves qui avaient été émises lors de la première itération. La seule objection qui reste: l’absence d’un port pour des périphériques de sauvegarde standards.

L’iPad 2 est plus fin, plus léger, plus rapide, intègre 2 caméras… et coûte le même prix que la version 1 lors de son lancement… Ce prix que nous avions trouvé élevé à l’époque et que la plupart des commentateurs trouvait “raisonnable”, presque une surprise… Si ce prix était raisonnable il y a un an, comment le qualifier 12 mois après, alors que la marque à la pomme a levé la plupart des objections? Ce prix “tautologique” est l’argument qui risque de détourner les acheteurs des offres de la concurrence. C’est un contrepied “pervers”. Devant la stratégie d’innovation continue d’Apple, un des rares leviers que les concurrents pouvaient utiliser était celui du prix… Faire une tablette aussi attractive pour ce même prix doit être un casse-tête pour des sociétés qui ne bénéficient pas encore des mêmes volumes de vente qu’Apple (15 millions d’iPad 1 vendus dans le monde). Le timing choisi pour lancer cette V2 ne devrait pas non plus  favoriser l’installation dans le paysage des nouvelles tablettes concurrentes attendues ce printemps.

Une preuve maline de l’innovation continue dont Apple veut faire montre à l’occasion de ce lancement est la housse protectrice de l’ardoise magique (il paraît qu’on ne doit plus dire “tablette”). Comme les précédentes housses elle sert aussi de support à la tablette, mais elle recouvre l’écran de l’iPad via une attraction magnétiqne. Chaque fois qu’elle recouvre l’écran, elle le nettoie des tâches de doigts; cette housse commande également la mise en veille de l’écran… magique non?

Les questions techno de l’année 2011

Dimanche, janvier 16th, 2011

Eh oui, voici venu ce délicieux moment de l’année, où depuis un  marronnier, nous pouvons nous demander ce que sera le contour techno de 2011. Au passage, bonne année à toi, ô lecteur.

Alors posons-les ces questions:

  1. Comment tranchera-t-on le dilemme des V2:  iPad 2 ou Galaxy Tab 2 ?
  2. Verra-t-on un renforcement des sites mobiles face aux applications mobiles?
  3. La prochaine tentative de Google sur le marché des réseaux sociaux, Google +1, fera-t-elle à Facebook ce que ce dernier a fait subir à Myspace (ringardisation accélérée)?
  4. Donner sa localisation deviendra-t-il un sport aussi naturel que donner son statut?
  5. Apple et Google offriront-ils des services d’opérateur télécom?
  6. Nokia passera-t-il ses smartphones sous Windows Phone 7 ou préférera-t-il développer Meego, la plateforme lancée avec Intel?
  7. Qui prendra la tête du marché des tablettes entreprises: Apple-iPad, BlackBberry-Playbook ou HP-Palm-Web Os?
  8. Chrome OS deviendra-t-il une réalité pour le grand public?
  9. Facebook Messages remplacera-t-il nos autres messageries?
  10. Apple finira-t-il par lancer son service de streaming musical, servant ainsi de poil à gratter à Deezer et Spotify?
  11. Le succès des liseuses numériques (e-Reader) Outre-Atlantique finira-t-il par atteindre la France et l’Europe?
  12. Skype restera-t-il indépendant?
  13. Bing deviendra-t-il le moteur de recherche par défaut sur les iPhone?
  14. Sera-t-il aussi pratique de se connecter au Web depuis sa télé que depuis sa tablette?, peut-être le fera-t-on conjointement d’ailleurs, dans une nouvelle expérience du split screen? :-)

A suivre donc cher lecteur.

Plan média: Google et Microsoft font leur (pub) cinéma

Jeudi, décembre 9th, 2010

Je n’avais jamais vu de pub Google au cinéma (vous non plus j’imagine), ni à la télé d’ailleurs (il paraît qu’il y en a une qui est passée récemment, sans doute la même). Le géant de la recherche continue d’investir les moyens traditionnels de publicité, depuis l’apparition du navigateur Chrome sur les affiches du métro parisien et dans les magazines français; c’était cette année ou il y a déjà un an? Cette prise de parole dans les médias de masse traditionnels se fait à chaque fois avec un impact certain, puisque nous ne sommes pas habitués à voir Google communiquer sur ces supports.

La dernière pub cinéma du moteur de recherche, très efficace, est influencée par le dépouillement caractéristique du design Google. Elle est composée uniquement d’animations reproduisant des recherches sur le moteur, et entend nous rappeler que Google nous accompagne à toutes les étapes de la vie… Premier boulot, première rencontre, première naissance… un peu sur le modèle de cette pub célèbre de compagnie d’assurance qui voulait montrer qu’elle s’occupait de nous tout au long de la vie. Avec cette fameuse musique, vous vous souvenez… “taaataaatatataaaa tattatatata tatataaaaattaa” :) Bon je vous aide, il s’agit de la Suite jazz n° 2, valse n° 2 de Dimitri Chostakovitch (CNP Assurances).
Dans cette pub Google, on reconnaît un moment le bruit d’un TGV qui passe, petit clin d’oeil au rôle de la SNCF dans notre quotidien, et pub gratuite au passage, “merci Google” pourrait dire la société nationale des chemins de fer.

L’autre publicité qui a fait parler récemment est celle de Microsoft pour sa nouvelle plateforme mobile, Windows Phone 7. Beaucoup n’ont pas compris le slogan “les téléphones qui nous font décrocher du téléphone”. Lancé sur le mode teasing il y a quelques semaines, ce slogan est illustré dans les pubs cinéma et télé. On finit par comprendre que ces nouveaux téléphones sont tellement fluides/organisés qu’ils nous font gagner du temps pour la vraie vie… ah… le cheminement est un peu tortueux tout de même. Une chose est vraie cela dit, c’est l’impression de vitesse/fluidité qui se dégage effectivement de ces nouveaux téléphones.
Cette publicité pour les Windows Phone s’intègre dans les prises de parole successives qui ont jalonné l’année 2010: Windows 7, nouvelle version de Hotmail (avec campagne d’affichage dans le métro) et pour finir, “Destination le Cloud” pour populariser la notion d’informatique dématérialisée.

Au jeu des pubs cinéma, petit avantage pour Google, en partie à cause de l’effet de surprise - nous ne sommes pas habitués à voir des pubs Google au cinéma/à la télé (contrairement aux pubs Microsoft) - et aussi parce que cette publicité transporte une certaine charge émotionnelle à partir de moyens très simples, des captures d’écran accompagnées par une bande sonore. Mais comme on l’a vu le dispostif lui-même n’est pas original.

Je n’ai pas encore vu de pub Apple au cinéma en cette fin d’année. La firme à la pomme se réserve-t-elle pour le lancement de l’iPad 2 en janvier prochain? Quant au réseau social Facebook, on sait qu’il n’avait pas besoin de plan média cinéma, puisque le réalisateur David Fincher s’en est chargé, dans son film très inspiré, “The Social Network”.

Nokia poussé à réinventer sa vision de la convergence sous la pression des plateformes Apple et Androïd

Mercredi, septembre 15th, 2010

Il fut un temps où Nokia, le premier fabricant au monde de téléphones portables, était vu par son marché comme le premier sur ce secteur à la fois en termes d’appareils vendus, mais aussi en termes d’innovation. On se souvient par exemple que début 2000, Nokia était le premier à intégrer la fonction appareil photo au téléphone mobile. L’entreprise a d’ailleurs veillé à conserver l’avance matérielle sur cet item en incluant une optique Carl Zeiss sur ses téléphones haut de gamme. Côté logiciels de traitement photo, c’est une autre histoire, dont nous parlerons plus tard.Nokia

Si Nokia reste toujours le premier vendeur de téléphones, sa position en tant que premier innovateur de son marché a été mise à mal par le succès de la plateforme iPhone, et aujourd’hui celle d’Androïd.
Le lancement puis le succès de l’iPhone ont marqué le passage d’un environnement où le téléphone était essentiellement défini par son design et ses composants matériels (qualité de la capture photo, de la lecture audio), à un environnement où les applications sont devenues fondamentales. Sur ce point, vous pouvez  lire sur le site Techcrunch les propos d’analystes.

L’irruption d’Apple sur le marché de la téléphonie a finalisé la fusion des métiers de l’informatique et des télécoms, un processus commencé il y a plusieurs années.
L’effet de l’iPhone sur le business des smartphones Nokia est un peu comparable à ce que la fusion des PDA et du téléphone mobile a produit sur le business de Palm (le pionnier dans les agendas électroniques): un processus de déclassement aux yeux du marché et des leaders d’opinion. Il faut se souvenir que jusqu’au rachat par HP, Palm ne s’est jamais vraiment remis de ce processus; mais le marché des tablettes lui offre une nouvelle opportunité.

La téléphonie mobile est-elle devenue d’abord un business d’éditeurs de logiciels? En l’espace d’une semaine, Nokia a annoncé le départ du Directeur de sa division smartphones, ainsi que celui de son PDG, remplacé par un “routier averti” de l’informatique, en provenance de chez le premier éditeur mondial de logiciels, Microsoft. Soit dit en passant, vu l’identité des 2 forces les plus disruptives, on se serait plutôt attendu que le nouveau PDG vienne des rangs de Google ou d’Apple…
Cela dit, le choix par Nokia d’un PDG issu de l’informatique confirme la nécessité de renforcer la culture maison dans le domaine logiciel. Les difficultés sur ce plan ont particulièrement été visibles lors du lancement contrarié d’OVI, l’équivalent de l’Appstore d’Apple.

Une fin 2010 riche en tablettes?

Jeudi, août 26th, 2010

A la lecture des Echos et du Figaro économie ce jeudi 26 août, on en apprend un peu plus sur la fièvre qui s’est emparée des fabricants informatiques concernant le prochain périphérique convergent, né dans le sillage de l’iPad, et qui apparaît généralement sous le nom de “tablette”.  Cette fièvre fait suite à celle apparue en 2009 autour des Netbook, relégués du coup au second plan.

Archos 7 Home Tablet

Archos 7 Home Tablet

Qu’apprend-on dans les articles mentionnés?

  • Apple lancerait d’ici 2011 des mini iPad, moins encombrants que la première génération (mais plus grands qu’un iPhone) et moins coûteux. Si cela se confirmait ce ne serait pas surprenant. L’hétérogénéité de la famille iPod ne lui a pas nui, au contraire; il y en a pour toutes les bourses. Un tel lancement démentirait cependant tous ceux qui avaient osé écrire que la surprise avec l’iPad était son prix incroyablement bas… :-)
  • Orange, un des premiers opérateurs mobiles dans le monde serait lui sur le point de lancer une tablette bon marché sous le système d’exploitation Android de Google. Un périphérique successeur de son Tabbee, ce cadre photo numérique évolué/mini média-center, qui ne bénéficie pas de l’offre applicative, ni de la fureur marketing qui entoure l’iPad
  • D’autres fabricants comme Samsung, Dell, HP et Archos devraient suivre. Ce dernier ayant déjà sorti des tablettes sous Android et Windows 7, mais sans bénéficier d’une bonne presse. Un système d’exploitation trop lent ou des composants matériels dépassés sont généralement les défauts pointés. Archos est cependant le seul compétiteur d’Apple déjà identifié chez l’analyste GFK, lequel désigne le nouveau périphérique convergent sous le nom de “Web book”… On est curieux de connaître  la différence sémantique avec un Netbook :-)

Quelques points saillants  sur ce marché des tablettes:

  1. Il n’est pas récent. Microsoft travaille sur l’idée de “Tablet PC” depuis les années 90…  Les premiers prototypes n’avaient certes pas une taille aussi réduite et incluaient des claviers physiques. On peut aussi considérer que Palm, avec ses PDA, était déjà un fabricant de tablette.
  2. Même si le concept existe depuis longtemps, Apple apparaît comme celui qui a ouvert ce marché avec l’iPad. On est ainsi dans uns situation différente ce qui se passait pour les baladeurs numériques ou le téléphone portable, où Apple est arrivé après et a révolutionné ces produits. C’est donc l’occasion de voir si la concurrence multiforme qui s’annonce est capable de révolutionner une ligne de produit inaugurée par Apple.
  3. La décision d’Apple de décliner la famille iPad est une façon de reconnaître que la première génération n’est pas à même de répondre au grand spectre de besoins suscités par le nouveau périphérique convergent. Nombreux sont ceux qui ont pointé par exemple l’absence de périphérique de stockage, de caméra, ou le poids de cet engin qui ne permet pas de l’utiliser dans les transports en commun. Le lancement des iPad mini est ainsi une arme pour répondre à la concurrence qui va s’engouffrer dans les limites identifiées des premiers iPad.
  4. Qu’un opérateur téléphonique, dont ce n’est a priori pas le coeur de métier, puisse se lancer sur ce marché quelques mois à peine après son ouverture par le fabricant informatique qu’est Apple montre l’accélération du temps technologique que nous vivons, ou confirme que le concept de tablette est dans l’air depuis suffisamment longtemps pour que des acteurs non issus du monde informatique puisse se lancer très rapidement.
  5. Les fabricants qui iront sur ce marché vont affronter une concurrence très hétérogène. Des consoles de jeu portables comme la PSP de Sony ou la DS de Nintendo, qui n’arrêtent pas d’étoffer leurs fonctionnalités, jouent sur le même terrain. Il en est de même pour les cadres photos numériques, qui devraient voir leurs fonctions s’enrichir.
  6. On est curieux de voir ce que Nokia, qui a surpris en  lançant un Netbook début 2010, va faire sur ce marché. Certains (dont nous ne sommes pas forcément) lui conseillent de remplacer son système Symbian par Android, le système d’exploitation gratuit qui monte, et qu’Orange a retenu pour sa tablette. Et que dire de HP qui a racheté Palm, un des premiers fabricants de tablettes, alors connus sous le nom de PDA?

Alors nos écrans de smartphones sont-ils devenus si rapidement trop petits?

iPad premières impressions

Jeudi, août 5th, 2010

Ma première rencontre avec l’objet date du mois d’avril, quand une connaissance, collaborateur de l’agence de radio numérique GOOM,  en a rapporté un des Etats-Unis. L’iPad m’a tout de suite semblé  un bel objet, marque de fabrique d’Apple, cependant trop grand et lourd pour être facilement utilisé en mobilité.

iPad d'Apple

iPad d'Apple

J’ai en revanche été bluffé par la qualité de la vidéo, notamment celle diffusée en html5 sur Youtube, censée être compressé… L’iPad est donc indéniablement un lecteur portable vidéo de qualité supérieure. C’est d’ailleurs un des seuls usages dans lequel on imagine utiliser un iPad en mobilité. J’ai par exemple pour le moment croisé personne dans le métro qui utilisait l’iPad comme un reader (une liseuse). Peur du vol peut-être me direz-vous :-)

Depuis cette première rencontre,  j’ai pu utiliser l’iPad chez des amis, et j’ai assisté à une session d’évangélisation faite par Backelite, une des agences spécialisées en éditions d’applications mobiles sur la place de Paris. Marrant comme tout le monde veut lancer son application iPad…

Jusqu’ici, j’ai le sentiment que c’est un objet qui se vendra plus sur des utilisations professionnelles, contrairement à l’iPod et l’iPhone, dont le succès grand public n’est plus à prouver. Je me trompe peut-être, Apple annonce en avoir déjà vendu plus de 3 millions en 3 mois dans le monde.

Un des usages qui m’a paru le plus évident, et qui rattache cet objet à la fois au salon de la maison et à celui où les professionnels se rencontrent, est qu’il est un terminal très pratique pour partager avec les autres des expériences (photos, sites Web, informations), ce que l’écran du smartphone, encore trop petit, ne permet pas forcément. Mais là où d’autres terminaux – meilleur marché -, tels que les cadres photos numériques, pourront le concurrencer dans le salon de la maison, il me semble que le marché entreprise ou éducatif lui offre plus d’opportunités (salons encore une fois, formations, démonstrations, bibliothèques, universités, terminal de productivité professionnel simplifié…)

J’ai la chance de connaître le créateur du site http://applicationsipad.net/, devenu une des références pour les usages de l’iPad; je publierai donc prochainement un entretien avec lui.

11 questions techno pour 2010

Dimanche, janvier 17th, 2010

Un bon marronnier de début d’année: la liste des questions qui définiront les contours de l’actualité techno.

  1. La tablette tactile d’Apple va-t-elle emporter nos dernières résistances?
    2010 sera-t-elle l’année des tablettes et du multi-touch? (Apple, Archos, E-books, Orange, Windows 7 à vos marques!) ou le clavier a-t-il des beaux jours devant lui (Nokia, BlackBerry, HTC)?
  2. Le téléphone mobile sera-t-il le support de choix pour écouter la musique “où tu veux, quand tu veux”? (moyennant un forfait data illimité :-( ) ?
  3. 2010 verra-t-elle l’essor du livre numérique (E-books) ?
  4. Nokia, premier fabricant au monde de téléphones mobiles, parviendra-t-il à limiter la hype et le buzz suscités par les plateformes mobiles iPhone et Android?
  5. Chrome OS va-t-il bouleverser le paysage des Netbook, et celui de l’informatique en général?
  6. Tout un chacun aura-t-il sa radio Internet (comme aujourd’hui tout le monde a son blog) et la radio numérique terrestre sera-t-elle bien lancée fin 2010?
  7. Le streaming aura-t-il tué le bon vieux téléchargement?
  8. Bing parviendra-t-il a éroder la part de marché de Google?
  9. Facebook parviendra-t-il à sortir de la sphère privée pour rejoindre Twitter sur la place publique?
  10. Free lancera-t-il son offre fibre optique-pour-les-anciens-abonnés avant son offre 3G?
  11. Serons-nous tous dans les nuages (in the cloud)?

Quand la presse redevient payante sur Internet grâce aux smartphones

Mercredi, décembre 9th, 2009

Certes des accès  payants des grands titres de la presse magazine et quotidienne existent sur Internet depuis la fin des années 90. Mais à part la consultation des archives, la plupart des journaux avaient fini par se  résigner à accorder un large accès gratuit à leurs articles… au nom de l’audience. Un titre phare comme Les Echos, un des rares à avoir tenu bon sur l’accès réservé aux abonnés et le paiement à l’acte sur ses articles, est revenu sur sa ligne en ouvrant plus largement l’accès à son contenu en 2008.

Depuis un an, et suite à la chute des revenus publicitaires, les éditeurs de presse ont été forcés de trouver d’autres sources de revenus pour équilibrer leurs comptes. Deux pistes sont alors apparues:

  1. Faire payer les lecteurs (comme pour la presse papier)
  2. Mieux faire contribuer les agrégateurs de news comme Google News, Yahoo News ou Bing, dont une partie significative de l’audience provient de l’agrégation d’actualités

Depuis fin 2008, de plus en plus de voix se sont élevées parmi les éditeurs pour souligner qu’il n’y avait point de salut hors la contribution monétaire des lecteurs. Une des premières voix a été celle de Frédéric Filloux, co-auteur du blog Monday Note (et ancien directeur des éditions électroniques de Libération), qui a montré dans ses billets comment la valeur des inventaires publicitaires Web des journaux avait fondu, et pourquoi le payant devait faire un retour en force.

Plus récemment, Rupert Murdoch, fondateur de News Corp, le plus grand éditeur mondial, a laissé entendre que la consultation de tous ses titres sur Internet va devenir payante. Il a fait pression sur Google News, un des agrégateurs les plus puissants, en menaçant de réserver le contenu de ses journaux à Microsoft,  son grand concurrent. D’autres éditeurs lui ont emboîté le pas sur la revendication d’un partage plus équitable des revenus avec les agrégateurs d’actualités. Rupert Murdoch semble avoir ainsi convaincu d’autres acteurs de le rejoindre dans son combat. Le groupe Axel Springer, le premier éditeur européen, vient de confirmer au Wall Street Journal, un des titres phares de News Corp, la nécessité de rendre payante la presse sur Internet.

Il semble que les éditeurs aient été entendu. Google vient de leur proposer des outils pour mieux gérer quels articles peuvent être référencés et à quelle fréquence ils peuvent d’être affichés par les internautes.

Une fois la position payante arrêtée, 2 questions se posent:

  • Comment faire payer techniquement?, car les sommes concernées par le paiement d’un article sont généralement minuscules
  • Quelle expérience utilisateur pour conforter la lecture payante?

Le succès de l’Apps Store, la boutique en ligne d’Apple, qui a installé de manière convaincante le concept d’application mobile payante (l’équivalent moderne du minitel :) — la tarification à la durée en moins), semble avoir apporté une réponse aux 2 questions. Après Le Parisien et Le monde, et dans la foulée de sa nouvelle formule très convaincante, Libération a ainsi lancé récemment une application iPhone, qui a eu un certain succès dans la blogosphère et les milieux technophiles.
Malgré son très grand succès, le problème de l’AppStore est qu’il est limité à la seule plateforme d’Apple. Qu’en est-il de la lecture depuis les autres smartphones?
La nouvelle Application Shop d’Orange, destinée à héberger des applications pour toutes les autres plateformes de smartphones, est peut-être la réponse.

Il semble ainsi que les smartphone (le téléphone mobile en fait) soient devenus la plateforme de choix permettant aux  éditeurs de maîtriser tous les aspects de la monétisation de leurs articles sur Internet, en rajeunissant leur audience au passage. Voir cet article du Monde sur le sujet.