Archive for juin, 2009

Bing devient le premier des moteurs de recherche grand public à inclure un comparateur de prix voyages

Dimanche, juin 21st, 2009

Lors du lancement de Bing début juin, je m’étonnais que les fonctionnalités comparateur de prix du nouveau moteur de Microsoft se limitent à un partenariat avec le guide d’achat en ligne Ciao, Bing se contentant de passer la requête de l’internaute à un pure player de la comparaison. C’est encore le cas aujourd’hui sur la version française de Bing, mais la version américaine du moteur intègre à présent un véritable comparateur de prix billets d’avions et hôtels.

Que la fonctionnalité comparateur de prix n’ait pas encore été intégrée par la plupart des grands moteurs est surprenant, notamment pour le domaine du voyage qui génère un nombre pharaonique de requêtes, car nous cherchons tous, surtout en temps de crise, à obtenir des prix optimisés pour nos départs en vacances.

Bing Travel propose des outils inédits comme la prédiction d’évolution de prix sur un trajet, la possibilité de simuler plusieurs critères en même temps comme les prix d’avions et les hôtels, ou les informations sur le statut d’un vol. Microsoft a clairement décidé d’occuper une position de choix sur ce créneau laissé relativement vierge par ses concurrents. Les bonnes relations  avec Expedia, Orbitz et Travelocity lui permettent de fournir aux internautes une base de recherche conséquente.
On peut regretter à ce stade qu’il faille passer par les formulaires de l’interface pour obtenir des réponses, et qu’une requête en langage naturel, du type “New york Paris” n’affiche pas une première réponse pertinente en terme de trajet. L’internaute étant déjà présent dans la chaîne Voyage, on peut en déduire qu’une telle requête concerne des trajets plutôt qu’une question générale sur ces 2 villes. A la limite peut-on concevoir que des informations de type guide touristique peuvent l’intéresser, mais à la marge, en complément de la requête principale. Dans un tel exemple, après avoir affiché le meilleur prix, le moteur pourrait afficher des filtres ou des critères permettant à l’internaute de préciser son besoin.

Bing Travel rend encore plus concret la promesse de Microsoft de proposer un moteur d’aide à la décision, et enrichit le feuilleton marketing mis en place par l’entreprise pour soutenir le rebranding de son activité moteur. TechCrunch voit d’ailleurs dans l’orchestration marketing un des points forts de ce lancement.

Petite question pour finir, à  quand un comparateur de prix lancé par un groupement d’agences de voyages? Au vu de la pression que les comparateurs exercent sur leurs marges, et de la position stratégique qu’ils occupent dans le processus de décision des consommateurs, une réflexion sur le lancement d’un moteur neutre par plusieurs agences de voyages n’est pas absurde. Resterait justement à établir cette neutralité et à offrir aux internautes une expérience utilisateur meilleure que celle proposée par Liligo, Easyvols, GoVoyages Voyagermoinscher ou Bing.

A Frenchman in London, comment commencer un nouveau business à Londres

Samedi, juin 20th, 2009

Ce blog vient de recevoir ses premiers commentaires après 10 mois d’existence, par 2 de mes connaissances, et plutôt sur le mode express. Les conversations sont assez univoques sur la plupart des blogs. C’est que, finalement, c’est assez intimidant de commenter de façon intelligente un papier… et puis il faut déjà trouver le temps de le faire.

Un de mes commentateurs est Emmanuel F., un ami de très longue date qui a décidé de s’exiler à Londres en début d’année… Ah le charme fascinant de commencer une nouvelle vie (professionnelle) à Londres. L’exil vers la perfide Albion par les petits frenchies n’a apparemment pas perdu de son lustre, malgré la sévère crise qui a touché la City l’année qui vient de passer. Et puis de toute façon la presse anglaise bruisse ces derniers temps de “Green shoots”, les premiers signes de la reprise anglaise.

Emmanuel vient donc d’ouvrir un blog bilingue, bloginlondon.com , sous-titré “News columns and other satirical pieces by a Frenchman in London / Chroniques d’actualité et autres pièces satiriques d’un Français à Londres”. Ce site se veut la vitrine d’une agence de production éditoriale miniature, allez donc y jeter un coup d’oeil, si vous avez besoin d’un appoint éditorial, en français ou en anglais, pour vos publications.

Dans son premier commentaire laissé sur mon blog, Emmanuel a glissé un lien vers press-citron.net, sur un article qui s’interroge (faussement) sur la force des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

Dans cet article, Eric Dupin, un des rares frenchies à rentrer dans la catégorie de bloggueur  techno influent,- grosse parenthèse: dans une première version de cet article j’ai confondu Eric Dupin et Fred Cavazza, Cavazza que j’avais eu le plaisir d’interviewer sur MD Expo 2008 (message perso, Frédéric B., quand pourras-tu remettre ces fantastiques interviews en ligne?) -, Eric Dupin donc se demande ingénuement si le blog n’est pas le vrai réseau social. Citation:

Car après tout, avec mon blog, je peux :

  • créer, fédérer une communauté, donc mettre des gens en relation
  • rassembler des personnes d’horizons divers par affinités
  • lancer des discussions et les suivre
  • partager mes goûts
  • étendre mon réseau, personnel ou professionnel
  • renforcer ma notoriété, contrôler ma réputation et soigner mon identité numérique, etc.

Un blog peut certes faire tout ça, mais le réseau social produit tout cela à la puissance 10, surtout si on n’a pas la chance d’avoir la notoriété de F. Cavazza. Un seul exemple: Tous les bloggueurs influents ont pris l’habitude de référencer leur blog sur Facebook, Viadeo ou Linkedin pour démultiplier le trafic. Rien de tel que la fonctionnalité “Article” de Facebook pour informer son réseau de contacts d’une nouvelle parution. Un fil RSS permet la même chose, mais l’avantage d’une notification dans le cadre d’un réseau social réside dans la scénarisation de cette annonce et la puissance virale de diffusion de l’article. J’espère pouvoir, grâce à Frédéric Bascunana (mon autre commentateur) coller dans ce post mon interview de Frédéric Cavazza en 2008.

Au fait, attendez-vous à retrouver le blog d’Emmanuel prochainement en blog-roll sur ce site.

Oublier Facebook?

Dimanche, juin 14th, 2009

Le Journal du Net, une des références du journalisme techno en France, proposait le mois dernier un excellent article sur “Ces réseaux sociaux qui résistent à Facebook“. Dans l’euphorie ambiante autour de ce réseau, on a effectivement tendance à oublier que d’autres plateformes lancées avant Facebook tirent encore leur épingle du jeu. De quoi conforter la volonté d’Orange de lancer son propre réseau social.

Parmi les réseaux cités, il y a notamment Orkut, la plateforme de Google qui marche très bien en Amérique latine, mentionnée dernièrement dans un article sur ce blog même et cité dans la vidéo de présentation de Google Wave. Il semble acquis que la marque Orkut ne disparaîtra pas en Amérique Latine.

Dans cette liste de réseaux, on trouve le chinois Xiaonei.com, qui fait 17 millions de visiteurs uniques, là où Facebook n’en fait que 1 million en Chine, Wer Kennt wen en Allemagne – sans oublier le réseau mobile aka-aki – (7 millions de VU/vs 5 millions pour Facebook) , Hyves aux Pays-bas (5 millions/vs 1 million).

Le JDN en profite au passage pour parler du réseau du Benchmark Group, sa maison mère: Copains d’avant.

Toutes ces plateformes sont des champions nationaux remarquables, dont le succès repose sur la valeur de l’expérience utilisateur proposée, l’antériorité de lancement, et le support linguistique adapté. Mais le point fort de Facebook est sa dimension globale, qui lui confère une dynamique de croissance bien plus puissante. Cette dimension globale sur laquelle peuvent s’appuyer des acteurs comme Orange ou Apple (bientôt?) pour lui faire concurrence.

Enfin, en faisant traduire son interface par ses propres membres, sur la base du volontariat, Facebook a trouvé le moyen de répondre au défi du particularisme linguistique.

Au fait merci au musée d’Orsay pour le titre de cet article, il faut que je me dépêche d’aller voir l’expo “Oublier Rodin”.

Bing/Wave: quand les annonces de Microsoft et Google se répondent

Lundi, juin 1st, 2009

La semaine dernière Microsoft espérait sans doute s’octroyer les feux de l’actualité technologique avec l’annonce de son nouveau moteur de recherche, Bing. C’était sans compter Google, qui a lancé sune nouvelle application, Wave, un mix entre Outlook et Groove (l’outil collaboratif de Microsoft). Avis aux agences spécialisées dans le nommage, dans l’année qui vient tout le monde vous commandera des noms en 1-2 syllabes maxi :)

Bing, promis pour être accessible le 3 juin, est déjà accessible ce lundi 1er juin: http://www.bing.com, et j’y ai lancé quelques requêtes.

Même si Wave semble avoir remporté le match des retombées presse, on peut avancer que Microsoft a réussi son coup. En effet, cela faisait longtemps que la presse technologique n’avait pas massivement mentionné des avancées dignes d’intérêt sur le marché de la recherche, en provenance d’un autre acteur que Google.

Microsoft aura moins réussi à susciter la curiosité, à créer du buzz, et à amener des habitués du moteur Google comme moi à chercher des infos sur Bing, et au final à le tester. La société présente cette application comme un moteur d’aide à la décision. Plutôt que donner accès au luxe de liens que fournit Google (et dont nous ne consultons qu’une infime partie), il prétend nous simplifier le travail, et circonscrire le cercle de la pertinence… très alléchant. Dans un contexte où nous sommes noyés par le volume d’informations disponibles sur Internet, promettre aux internautes qu’on leur simplifiera le choix est une promesse marketing bienvenue.

Avant l’utilisation du moteur, on perçoit aussi vaguement, à travers la vidéo de lancement et à travers ce que la presse en dit, que Bing serait un croisement entre un moteur de recherche et un comparateur de prix… Vu de ma fenêtre, ce serait du nouveau, et là aussi c’est alléchant.

Après mes premières requêtes, mes impressions sur Bing:

1. Le design du moteur est réussi, il se différencie en tout cas des interfaces très dépouillées d’images qui se sont généralisées récemment pour les moteurs. L’interface de Bing est structurée une très belle image d’arrière plan qui habille toute la page, et qui véhicule une dimension aspirationnelle dans la recherche d’informations. Fait nouveau, pour un usage Internet, très banalisé aujourd’hui. Il s’agit là d’un petit pari.

2. En fait de croisement entre moteur de recherche et comparateur de prix, Bing se contente simplement de passer la requête à des guides de consommation en ligne comme Ciao… Avis aux amateurs: il y a encore un créneau pour inventer un moteur de recherche qui soit aussi un comparateur de prix…

Autre petite déception, contrairement à Google et Yahoo, Bing n’a toujours pas repéré ce blog; en tout cas il ne le place pas sur la première page des résultats quand on rentre le nom de votre serviteur.

Venons-en maintenant à Wave. Comme la plupart des technophiles, je me suis précipité sur la vidéo qui fait la démonstration de cette nouvelle application. A ce stade, Je suis moins transporté que l’assistance de la démonstration, qui a, paraît-il, réservé une standing ovation aux présentateurs.

Pour ce que j’en perçois à ce stade, Wave unifie tous les outils de communication (mail, chat) et de collaboration (Wiki, espaces collaboratifs) utilisés dans l’entreprise. Il leur ajoute en outre une dimension réseau social. Wave propose donc de retrouver dans une seule application toute l’expérience dont nous pouvions bénéficier dans l’entreprise en agrégeant ou en faisant intégrer sur mesure des outils différents. C’est le portail d’entreprise 2.0 d’aujourd’hui, intégrant des outils conviviaux comme la reconnaissance vocale. C’est un gain fantastique!, mais , lorsqu’on ne l’a pas testé, ça ne semble pas totalement révolutionnaire. Vivement le test donc.