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Skype, attaqué de toutes parts, racheté par Microsoft

Mercredi, mai 11th, 2011

(Rédigé depuis iPad, mise en forme à venir)
C’était une des questions de nos semi-prédictions de l’année techno 2011. Skype resterait-il indépendant, via son objectif d’introduction en bourse, ou serait-il racheté par un des “big three”? Facebook semblait tenir la corde, notamment après l’intégration renforcée des 2 plateformes fin 2010… Des rumeurs récentes mentionnaient l’intérêt de Google pour une joint-venture. D’autres supputations encore plus anciennes mettaient en avant la puissance financière d’Apple, qui lui aurait permis de racheter une des applications Web les plus populaires pour l’intégrer à iOs.

Microsoft n’était pas l’acteur le plus souvent mentionné pour ce rachat, et c’est donc une forme de surprise. La presse techno laisse entendre que c’était peut-être tout simplement le plus offrant, et celui qui avait le plus envie de devenir propriétaire de Skype. Hormis Facebook, les 2 autres acheteurs potentiels avaient effectivement leur propre solution de Visioconférence, fortement en croissance, avec ce que les anglo-saxons appellent le “momentum”. FaceTime pour Apple, Google Voice pour le géant de la recherche. On voyait donc pas très bien comment ces deux-là allaient tirer parti de Skype, si ce n’est en empêchant leurs principaux concurrents de le faire entrer dans leur écosystème. En face, Microsoft n’était pas aussi notoirement positionné sur la VoiP, tant pour les particuliers que pour les entreprises.
Le rachat par Microsoft, actionnaire de Facebook, ne fait pas obstacle à l’intégration encore plus poussée entre le 1er réseau social au monde et la première solution de téléphonie iP. Facebook gagne donc à ce rachat, d’autant qu’il n’aura pas à assumer les dettes élevées de l’entreprise. Un tel schéma renforce ainsi la position de Microsoft par rapport au réseau social; ce n’était sans doute pas la moindre des motivations, quand on sait que le géant du logiciel disposait lui aussi, via Windows Live Messenger et sa plateforme entreprise, des briques nécessaires pour continuer à développer une solution VoiP en propre, et que Skype ne lui était donc pas absolument indispensable…

Ce rachat est aussi une surprise parce que Skype est plutôt perçu comme un logiciel iconoclaste, anti-système et qu’on s’attendait à une forme d’esprit d’indépendance (Microsoft prend d’ailleurs soin de préciser que Skype continuera d’exister pour les autres plateformes…) L’identité de ses créateurs (Kazaa, Jost), grands disrupteurs et dynamiteurs de ce qu’on appelait la “Netéconomie”, laissait prévoir d’autres associations, mais il est vrai que les créateurs sont devenus minoritaires, “dissolus”, euh pardon, dilués… :)

Le suprématie technologique de Skype elle-même avait été remise en cause par plusieurs applications comme Viber ou Qik, qui ont réussi à se créer un territoire sur le partage instantanée de données depuis les téléphones mobiles (le paradigme informatique du moment), la voix notamment ou la vidéo. Une des toutes dernières applications à venir sur le territoire de Skype est TalkBox, dont nous reparlerons, et qui permet de faire du chat vocal à partir des smartphones et tablettes, rapprochant ainsi l’iPad de fonctions téléphoniques.
L’arrivée même, puis le succès de FaceTime, sonnait comme une menace pour le pionnier de la visioconférence. Skype avait tout pour être la solution de visiophonie de référence sur le marché mobile. En un an, Apple et FaceTime lui ont ravi cette place, sans doute avec l’aide des opérateurs mobiles qui ont freiné l’arrivée du protocole SIP sur nos téléphones.
Microsoft rachète donc un leader concurrencé de toutes parts. Mais gageons que le 1er éditeur de logiciel au monde, contrairement à Ebay, le précédent propriétaire, a de nombreuses façons de tirer parti de la puissance de Skype.

Nokia est-il sur le point d’opter pour Windows Phone 7?

Mercredi, février 9th, 2011

Ce vendredi 11 février, Nokia devrait occuper le flux des conversations techno, lorsque son nouveau PDG, Stephen Elop, annoncera la stratégie logicielle qu’il entend développer. Dans un post récent, nous soulignions, comme d’autres, la composante de culture logicielle dans les difficultés de l’entreprise sur le marché des smartphones.

Un article des Echos paru mardi 8 février résume bien les choix qui s’offrent à Nokia. Le point commun entre ces 3 scénarios?  Un abandon de Symbian, le système d’exploitation hérité de Psion et soutenu un temps avec des géants asiatiques de l’électronique comme Sony. Depuis la percée d’Android, l’OS mobile de Google, Nokia était devenu le seul soutien de Symbian.
Alors ces 3 scénarios:

  1. Nokia adopte Windows Phone 7 et continue de soutenir Meego, un système d’exploitation développé avec Intel. Les avantages, l’entreprise peut bénéficier de la force de frappe de Microsoft, aussi bien en termes de distribution que de marketing, ce qui pourrait lui faciliter un développement notamment sur le marché américain où il connaît un certain retard. Le maintien de Meego permet par ailleurs de conserver l’allié de poids qu’est Intel, et de rassurer les partenaires de l’entreprise dans les autres coins du globe que l’Amérique du Nord. Inconvénient, la plateforme Windows Phone, toute récente, est elle-même en retard sur iOS et Android.
  2. Nokia choisit Android (l’OS gratuit qui a le vent en poupe) et Windows Phone, un OS prometteur, poussé par la puissance marketing de la première entreprise de logiciel au monde. Inconvénient , Nokia renonce à toute ambition dans les OS mobiles.
  3. Nokia choisit Android sur le court terme et Meego sur le plus long terme. Avantages, l’entreprise baisse drastiquement le coût de production de ses smartphones et se donne le temps de construire une alternative, avec son allié Intel. Incovénient, jusqu’au décollage éventuel de Meego, l’entreprise dépendrait entièrement du génie logiciel d’un acteur qu’elle considérait récemment encore comme un concurrent.

Il y a un quatrième choix que l’article des Echos n’évoque pas, celui qui consisterait à continuer à développer Meego, et à adopter Windows Phone et Android… Ce ne serait pas la première fois que Nokia testerait le marché avec plusieurs OS. Il avait précédemment intégré une version de Windows Mobile. Cette possibilité, le journaliste des Echos ne l’a sans doute pas jugée crédible, parce que, écrit-il, l’heure n’est plus aux demi-choix, ni à l’éparpillement des ressources.

En dehors de l’abandon de Symbian, l’autre certitude anticipée par le marché est que Windows Phone fera partie du mix. Le précédent rôle de Stephen Elop chez Microsoft fait pencher dans ce sens. L’intérêt que les 2 acteurs auraient à s’allier pour contrer Google et Apple semble  aller de soi. Un article récent de Techcrunch défend ce point de vue. Pour Microsoft, ce serait un levier formidable pour propulser son nouvel OS mobile dans le top 3 mondial, Nokia étant le premier fabricant de téléphones au monde.
Minter Dial, célèbre expert du marketing digital, pense savoir que cette alliance aurait un troisième ressort qui ferait de Nokia le fabricant matériel du fameux Facebook Phone. Microsoft est en effet actionnaire de Facebook.

Reste la question de savoir ce que deviendraient les investissements de Nokia dans des domaines comme la cartographie, les jeux, ou le magasin d’applications (OVI) pour lesquels l’entreprise avait fait le choix de l’indépendance logicielle.

Plan média: Google et Microsoft font leur (pub) cinéma

Jeudi, décembre 9th, 2010

Je n’avais jamais vu de pub Google au cinéma (vous non plus j’imagine), ni à la télé d’ailleurs (il paraît qu’il y en a une qui est passée récemment, sans doute la même). Le géant de la recherche continue d’investir les moyens traditionnels de publicité, depuis l’apparition du navigateur Chrome sur les affiches du métro parisien et dans les magazines français; c’était cette année ou il y a déjà un an? Cette prise de parole dans les médias de masse traditionnels se fait à chaque fois avec un impact certain, puisque nous ne sommes pas habitués à voir Google communiquer sur ces supports.

La dernière pub cinéma du moteur de recherche, très efficace, est influencée par le dépouillement caractéristique du design Google. Elle est composée uniquement d’animations reproduisant des recherches sur le moteur, et entend nous rappeler que Google nous accompagne à toutes les étapes de la vie… Premier boulot, première rencontre, première naissance… un peu sur le modèle de cette pub célèbre de compagnie d’assurance qui voulait montrer qu’elle s’occupait de nous tout au long de la vie. Avec cette fameuse musique, vous vous souvenez… “taaataaatatataaaa tattatatata tatataaaaattaa” :) Bon je vous aide, il s’agit de la Suite jazz n° 2, valse n° 2 de Dimitri Chostakovitch (CNP Assurances).
Dans cette pub Google, on reconnaît un moment le bruit d’un TGV qui passe, petit clin d’oeil au rôle de la SNCF dans notre quotidien, et pub gratuite au passage, “merci Google” pourrait dire la société nationale des chemins de fer.

L’autre publicité qui a fait parler récemment est celle de Microsoft pour sa nouvelle plateforme mobile, Windows Phone 7. Beaucoup n’ont pas compris le slogan “les téléphones qui nous font décrocher du téléphone”. Lancé sur le mode teasing il y a quelques semaines, ce slogan est illustré dans les pubs cinéma et télé. On finit par comprendre que ces nouveaux téléphones sont tellement fluides/organisés qu’ils nous font gagner du temps pour la vraie vie… ah… le cheminement est un peu tortueux tout de même. Une chose est vraie cela dit, c’est l’impression de vitesse/fluidité qui se dégage effectivement de ces nouveaux téléphones.
Cette publicité pour les Windows Phone s’intègre dans les prises de parole successives qui ont jalonné l’année 2010: Windows 7, nouvelle version de Hotmail (avec campagne d’affichage dans le métro) et pour finir, “Destination le Cloud” pour populariser la notion d’informatique dématérialisée.

Au jeu des pubs cinéma, petit avantage pour Google, en partie à cause de l’effet de surprise - nous ne sommes pas habitués à voir des pubs Google au cinéma/à la télé (contrairement aux pubs Microsoft) - et aussi parce que cette publicité transporte une certaine charge émotionnelle à partir de moyens très simples, des captures d’écran accompagnées par une bande sonore. Mais comme on l’a vu le dispostif lui-même n’est pas original.

Je n’ai pas encore vu de pub Apple au cinéma en cette fin d’année. La firme à la pomme se réserve-t-elle pour le lancement de l’iPad 2 en janvier prochain? Quant au réseau social Facebook, on sait qu’il n’avait pas besoin de plan média cinéma, puisque le réalisateur David Fincher s’en est chargé, dans son film très inspiré, “The Social Network”.

Pourquoi le système d’exploitation de Google ne sera pas forcément un bide comme le dit Slate.com

Mardi, août 4th, 2009

Le 7 juillet dernier Google a officiellement confirmé ce que le lancement du navigateur Chrome laissait percevoir: la préparation d’un système d’exploitation maison par la plateforme de référence pour la recherche sur Internet.

De nombreux commentateurs, y compris votre serviteur, avaient alors décrit Chrome comme l’embryon de l’OS Google, et l’entreprise elle-même précisait dans son communiqué, à travers un savoureux jeu de mots lancé à Microsoft, que Chrome était “The window to the Web”, la fenêtre sur l’Internet… suivez mon regard :)

A la suite de cette annonce, le site Slate – que j’apprécie beaucoup par ailleurs -, par la plume d’un de ses chroniqueurs, a quasiment enterré le futur OS par un article repris sur la version française du site, Slate.fr: “L’OS de Google sera un bide“. Voir la version anglaise.
Bien sûr cela fait partie de la stratégie éditoriale de Slate que de publier des grands papiers polémiques destinés à susciter des commentaires de scribes comme moi :) , mais cet article est sérieux et il mérite d’être nuancé. Techcrunch, par exemple, considère que l’annonce de Google a fait l’effet d’une “bombe nucléaire“. A relativiser, car la bombe était plutôt l’annonce du navigateur Chrome l’année dernière. L’officialisation  de Chrome OS serait plutôt une “bombinette”. Jean-Louis Gassée, du blog Mondaynote, un des observateurs les plus avertis du marché des systèmes d’exploitation, offre un commentaire assez partagé, entre doutes (sur l’aspect uniquement tactique de cette annonce) et intuition que Google est en train de se transformer en Microsoft 2.0. Le blog Mondaynote offre d’ailleurs un ensemble d’articles très instructifs sur la bataille du Cloud computing.

Face aux 5 raisons listées par Farhad Manjoo pour ne pas croire dans le futur système d’exploitation de Google, on peut opposer au moins 5 arguments contraires:

  1. Contrairement à Linux, qui échoue à être un système d’exploitation grand public, parce qu’il n’y a pas unité de vision et de stratégie commerciale à travers les multiples sociétés qui en développent une version, le futur système d’exploitation Google, basé sur Linux,  sera édité par une des plus grandes sociétés informatiques au monde, disposant de budgets R&D  et marketing plus que significatifs.
  2. En lançant Chrome, le navigateur nouvelle génération, Google signifiait une vision stratégique selon laquelle les positions du marché informatiques ne pouvaient pas être changées tant que des compétiteurs ne seraient pas en mesure de proposer un système d’exploitation – à la fois crédible et populaire – alternatif à Windows. Google a commencé à déployer cette stratégie sur le mobile, un marché plus ouvert que celui du Desktop, mais avec en ligne de mire de passer sur le marché de l’ordinateur de bureau à un moment donné.
  3. L’expérience du mobile, qui a vu des opérateurs comme Orange ou SFR, des fabricants comme Samsung ou HTC, intégrer l’OS Android de Google, se reproduira sur plateforme Netbook. Google, outre l’arme du budget et du savoir-faire marketing, bénéficiera donc du facteur clé de succès qui est l’écosystème matériel et logiciel entourant le futur système d’exploitation, en un mot le nombre de grands noms de l’informatique qui adopteront rapidement et massivement ce système d’exploitation.
  4. On peut donc faire le pari que, parce qu’il s’agit justement de Google, une des plus grandes sociétés actuelles d’informatique grand public – parmi les rares capables de rivaliser avec Microsoft -, des acteurs comme Acer, HP ou Sony n’hésiteront pas à proposer au grand public des ordinateurs intégrant l’OS Google.
  5. Contrairement à ce qui est avancé dans l’article de Slate, Linux existe maintenant depuis plus de 20 ans et est devenu un système d’exploitation plus que mature, conçu pour l’Internet et qui bénéficie d’applications de bureautiques robustes, compatibles avec Windows, comme la suite Open Office. Google avec son système aura sans doute pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateur Linux.
  6. Finalement une 6ème raison: et si l’informatique de demain était encore plus micro que micro: Netbooks, smartphones, montres-ordinateurs… un système conçu dès le départ pour ces plateformes ne serait pas idiot.

Bing/Wave: quand les annonces de Microsoft et Google se répondent

Lundi, juin 1st, 2009

La semaine dernière Microsoft espérait sans doute s’octroyer les feux de l’actualité technologique avec l’annonce de son nouveau moteur de recherche, Bing. C’était sans compter Google, qui a lancé sune nouvelle application, Wave, un mix entre Outlook et Groove (l’outil collaboratif de Microsoft). Avis aux agences spécialisées dans le nommage, dans l’année qui vient tout le monde vous commandera des noms en 1-2 syllabes maxi :)

Bing, promis pour être accessible le 3 juin, est déjà accessible ce lundi 1er juin: http://www.bing.com, et j’y ai lancé quelques requêtes.

Même si Wave semble avoir remporté le match des retombées presse, on peut avancer que Microsoft a réussi son coup. En effet, cela faisait longtemps que la presse technologique n’avait pas massivement mentionné des avancées dignes d’intérêt sur le marché de la recherche, en provenance d’un autre acteur que Google.

Microsoft aura moins réussi à susciter la curiosité, à créer du buzz, et à amener des habitués du moteur Google comme moi à chercher des infos sur Bing, et au final à le tester. La société présente cette application comme un moteur d’aide à la décision. Plutôt que donner accès au luxe de liens que fournit Google (et dont nous ne consultons qu’une infime partie), il prétend nous simplifier le travail, et circonscrire le cercle de la pertinence… très alléchant. Dans un contexte où nous sommes noyés par le volume d’informations disponibles sur Internet, promettre aux internautes qu’on leur simplifiera le choix est une promesse marketing bienvenue.

Avant l’utilisation du moteur, on perçoit aussi vaguement, à travers la vidéo de lancement et à travers ce que la presse en dit, que Bing serait un croisement entre un moteur de recherche et un comparateur de prix… Vu de ma fenêtre, ce serait du nouveau, et là aussi c’est alléchant.

Après mes premières requêtes, mes impressions sur Bing:

1. Le design du moteur est réussi, il se différencie en tout cas des interfaces très dépouillées d’images qui se sont généralisées récemment pour les moteurs. L’interface de Bing est structurée une très belle image d’arrière plan qui habille toute la page, et qui véhicule une dimension aspirationnelle dans la recherche d’informations. Fait nouveau, pour un usage Internet, très banalisé aujourd’hui. Il s’agit là d’un petit pari.

2. En fait de croisement entre moteur de recherche et comparateur de prix, Bing se contente simplement de passer la requête à des guides de consommation en ligne comme Ciao… Avis aux amateurs: il y a encore un créneau pour inventer un moteur de recherche qui soit aussi un comparateur de prix…

Autre petite déception, contrairement à Google et Yahoo, Bing n’a toujours pas repéré ce blog; en tout cas il ne le place pas sur la première page des résultats quand on rentre le nom de votre serviteur.

Venons-en maintenant à Wave. Comme la plupart des technophiles, je me suis précipité sur la vidéo qui fait la démonstration de cette nouvelle application. A ce stade, Je suis moins transporté que l’assistance de la démonstration, qui a, paraît-il, réservé une standing ovation aux présentateurs.

Pour ce que j’en perçois à ce stade, Wave unifie tous les outils de communication (mail, chat) et de collaboration (Wiki, espaces collaboratifs) utilisés dans l’entreprise. Il leur ajoute en outre une dimension réseau social. Wave propose donc de retrouver dans une seule application toute l’expérience dont nous pouvions bénéficier dans l’entreprise en agrégeant ou en faisant intégrer sur mesure des outils différents. C’est le portail d’entreprise 2.0 d’aujourd’hui, intégrant des outils conviviaux comme la reconnaissance vocale. C’est un gain fantastique!, mais , lorsqu’on ne l’a pas testé, ça ne semble pas totalement révolutionnaire. Vivement le test donc.

Google Chrome: il faut nourrir Android

Lundi, septembre 8th, 2008

“We think of the browser as the window to the web”,

Sundar Pichai, Vice Président du management produit

Après la messagerie Internet, Il y a déjà 2 ans, Google vient de lancer un navigateur Internet, Chrome. C’est la nouvelle étape de cette guerre pour le logiciel, contre Microsoft, annoncée par les analystes depuis que le moteur de recherche a capté la majeure partie du marché de la publicité en ligne et bénéficie d’une des plus grosses valorisations de la sphère technologique.
Le lancement de Chrome est cependant une surprise car on avait pris l’habitude de voir Google soutenir Firefox, le navigateur star issu du logiciel libre. Il y a au moins une explication à ce qu’on peut voir comme une forme de lâchage de Firefox : pour Google, Chrome est bien plus qu’un navigateur Web, il s’agit de l’embryon de son futur système d’exploitation pour les ordinateurs.

Chrome est la fenêtre (Window, voir la citation au début de cet article) du Web, annonce l’entreprise dans un jeu de mot savoureux, qui se joue de Microsoft et de Windows. Il confirme une révolution qui voit les applications quitter le disque dur pour résider sur l’Internet.Capture BD présentation Chrome

Ces dernières années Google a déployé sa stratégie logicielle contre Microsoft en lançant des applications originales (Google Earth, Google Maps), des alternatives à des applications Web ou poste de travail populaires (Google News, Google Mail, Google Docs), et en favorisant des succès applicatifs du logiciel libre (Firefox, Open Office notamment). Si Google lâche Firefox, il a cependant pris soin de développer Chrome sur le modèle Open Source (logiciel libre), le même modèle que celui qui a fait le succès de Firefox, et qui permettra à n’importe qui de créer un navigateur à partir de la technologie Chrome ou de développer des applications pour cette plateforme.
Microsoft de son côté a contré les applications originales de Google (Microsoft Maps, Microsoft Virtual Earth) et a mis en scène une forme de rapprochement du modèle du logiciel libre, en promettant d’ouvrir un peu plus le code de ses applications et en se positionnant ainsi sur l’interopérabilité.
Cette guerre, qui concerne déjà les systèmes d’exploitation pour téléphone mobile, avec le lancement public fin septembre 2008 de Google Android, système d’exploitation concurrent de Windows Mobile, débarque aujourd’hui sur celui du système d’exploitation pour ordinateur.

Mais revenons sur le marché des navigateurs Internet, celui visé par Chrome, à première vue. C’est un des plus disputés, avec la fameuse bataille Netscape-Internet Explorer, qui a vu le second mettre un terme à la domination du premier, jusqu’à faire disparaître le pionnier de la navigation Web. Aujourd’hui, Microsoft domine plus de 74% de ce marché. Il a obtenu ce chiffre essentiellement en liant son navigateur au système d’exploitation Windows, le plus répandu au monde et qui capte lui plus de 80% de son marché.Depuis, plusieurs navigateurs ont été lancés (Opera, Firefox, Safari), qui ont apporté leur lot d’innovations sans mettre en danger de manière significative la domination de Microsoft: les outils pour la navigation mobile pour Opera, une meilleure sécurité et la navigation par onglet pour Firefox. Mais aucun de ces navigateurs, malgré de réels succès d’audience (jusqu’à 18% du marché pour Firefox), n’est en mesure de menacer significativement la part de marché d’Internet Explorer. Et la situation n’évoluera pas tant que Windows sera le système d’exploitation dominant au monde. Google a ainsi décidé de changer les données du problème en promouvant des systèmes d’exploitation concurrents de Windows, sur lesquels il ferait fonctionner ses applications. Le premier d’entre eux est l’Internet lui-même, LE système d’exploitation du futur (Google est aujourd’hui un géant de l’Internet), le second est Linux, que Google soutient financièrement et technologiquement en l’ayant retenu pour sa propre infrastructure.

Voir l’analyse de Francis Pisani et quelques questions soulevées par le site Technologizer.

A titre personnel, j’utilise sur mon ordinateur Firefox ET Internet Explorer, quand le premier plante, car ça lui arrive malheureusement de planter (à noter que Google promet un navigateur qui ne plante pas avec Chrome). J’utilise aujourd’hui un smartphone HTC sous Windows Mobile, après avoir été un fan du Vizor Handspring, PDA issu de la galaxie Palm. L’argument qui m’a fait passer au smartphone Windows Mobile, outre le clavier du téléphone HTC, est la promesse de pouvoir éditer des documents Windows (doc, excel) et de lire des PDF.

Android offrira-t-il cette possibilité ou proposera-t-il des applications conccurrentes, en se basant notamment sur Open Office, le concurrent de Windows Office issu du logiciel libre? En tout cas avec Android, Google s’est doté de la plateforme sur laquelle il fera tourner Google Mail et Chrome, la messagerie et la navigation Internet étant les 2 applications Web les plus populaires, que l’on retrouve déjà sur les téléphones portables.