Archive for the ‘Système d'exploitation 2.0’ Category

Twitter conforte son statut de première source d’information temps réel grâce à Bing et Google

Jeudi, octobre 22nd, 2009

Microsoft et Google viennent de confirmer une rumeur qui circulait depuis quelques temps: les 2 moteurs de recherche indexeront le contenu des informations diffusées sur Twitter. Voir l’annonce sur le blog anglais de Google.

Dans le billet le fil AFP de monsieur tout le monde, je soulignais comment Twitter avait pris l’avantage sur Facebook en tant que source de veille “sérieuse”. En annonçant leur volonté de référencer les tweets de monsieur tout le monde, et donc en les légitimant, Google et Bing, les 2 moteurs de recherche de référence, viennent de donner un coup de pouce au petit poucet face au géant Facebook.

A noter quand même que Bing-Microsoft, qui a une nouvelle fois tiré avant Google nous apprend Techcrunch, annonce en même temps le référencement des informations temps réel de Facebook. Peut-être Google annoncera-t-il lui aussi le référencement de vos posts sur Facebook (à votre grande surprise sans doute), même si les 2 entreprises n’ont pas un relationnel aussi apaisé que Microsoft et Facebook.

Twitter devrait quand même garder l’avantage sur l’information en temps réel, parce que:

- Twitter diffuse plus d’informations publiques que Facebook, dont une bonne partie des conversations sont d’ordre privé

- Twitter est pour le moment l’interface la plus simple pour diffuser de l’information temps réel; le site a même été conçu pour ça

- Twitter est aujourd’hui l’outil de référence utilisé par les experts de tous milieux pour asseoir leur expertise. C’est donc le réseau qui devrait fournir les informations les plus utiles ou les plus pertinentes.

Pourquoi le système d’exploitation de Google ne sera pas forcément un bide comme le dit Slate.com

Mardi, août 4th, 2009

Le 7 juillet dernier Google a officiellement confirmé ce que le lancement du navigateur Chrome laissait percevoir: la préparation d’un système d’exploitation maison par la plateforme de référence pour la recherche sur Internet.

De nombreux commentateurs, y compris votre serviteur, avaient alors décrit Chrome comme l’embryon de l’OS Google, et l’entreprise elle-même précisait dans son communiqué, à travers un savoureux jeu de mots lancé à Microsoft, que Chrome était “The window to the Web”, la fenêtre sur l’Internet… suivez mon regard :)

A la suite de cette annonce, le site Slate – que j’apprécie beaucoup par ailleurs -, par la plume d’un de ses chroniqueurs, a quasiment enterré le futur OS par un article repris sur la version française du site, Slate.fr: “L’OS de Google sera un bide“. Voir la version anglaise.
Bien sûr cela fait partie de la stratégie éditoriale de Slate que de publier des grands papiers polémiques destinés à susciter des commentaires de scribes comme moi :) , mais cet article est sérieux et il mérite d’être nuancé. Techcrunch, par exemple, considère que l’annonce de Google a fait l’effet d’une “bombe nucléaire“. A relativiser, car la bombe était plutôt l’annonce du navigateur Chrome l’année dernière. L’officialisation  de Chrome OS serait plutôt une “bombinette”. Jean-Louis Gassée, du blog Mondaynote, un des observateurs les plus avertis du marché des systèmes d’exploitation, offre un commentaire assez partagé, entre doutes (sur l’aspect uniquement tactique de cette annonce) et intuition que Google est en train de se transformer en Microsoft 2.0. Le blog Mondaynote offre d’ailleurs un ensemble d’articles très instructifs sur la bataille du Cloud computing.

Face aux 5 raisons listées par Farhad Manjoo pour ne pas croire dans le futur système d’exploitation de Google, on peut opposer au moins 5 arguments contraires:

  1. Contrairement à Linux, qui échoue à être un système d’exploitation grand public, parce qu’il n’y a pas unité de vision et de stratégie commerciale à travers les multiples sociétés qui en développent une version, le futur système d’exploitation Google, basé sur Linux,  sera édité par une des plus grandes sociétés informatiques au monde, disposant de budgets R&D  et marketing plus que significatifs.
  2. En lançant Chrome, le navigateur nouvelle génération, Google signifiait une vision stratégique selon laquelle les positions du marché informatiques ne pouvaient pas être changées tant que des compétiteurs ne seraient pas en mesure de proposer un système d’exploitation – à la fois crédible et populaire – alternatif à Windows. Google a commencé à déployer cette stratégie sur le mobile, un marché plus ouvert que celui du Desktop, mais avec en ligne de mire de passer sur le marché de l’ordinateur de bureau à un moment donné.
  3. L’expérience du mobile, qui a vu des opérateurs comme Orange ou SFR, des fabricants comme Samsung ou HTC, intégrer l’OS Android de Google, se reproduira sur plateforme Netbook. Google, outre l’arme du budget et du savoir-faire marketing, bénéficiera donc du facteur clé de succès qui est l’écosystème matériel et logiciel entourant le futur système d’exploitation, en un mot le nombre de grands noms de l’informatique qui adopteront rapidement et massivement ce système d’exploitation.
  4. On peut donc faire le pari que, parce qu’il s’agit justement de Google, une des plus grandes sociétés actuelles d’informatique grand public – parmi les rares capables de rivaliser avec Microsoft -, des acteurs comme Acer, HP ou Sony n’hésiteront pas à proposer au grand public des ordinateurs intégrant l’OS Google.
  5. Contrairement à ce qui est avancé dans l’article de Slate, Linux existe maintenant depuis plus de 20 ans et est devenu un système d’exploitation plus que mature, conçu pour l’Internet et qui bénéficie d’applications de bureautiques robustes, compatibles avec Windows, comme la suite Open Office. Google avec son système aura sans doute pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateur Linux.
  6. Finalement une 6ème raison: et si l’informatique de demain était encore plus micro que micro: Netbooks, smartphones, montres-ordinateurs… un système conçu dès le départ pour ces plateformes ne serait pas idiot.

Bing/Wave: quand les annonces de Microsoft et Google se répondent

Lundi, juin 1st, 2009

La semaine dernière Microsoft espérait sans doute s’octroyer les feux de l’actualité technologique avec l’annonce de son nouveau moteur de recherche, Bing. C’était sans compter Google, qui a lancé sune nouvelle application, Wave, un mix entre Outlook et Groove (l’outil collaboratif de Microsoft). Avis aux agences spécialisées dans le nommage, dans l’année qui vient tout le monde vous commandera des noms en 1-2 syllabes maxi :)

Bing, promis pour être accessible le 3 juin, est déjà accessible ce lundi 1er juin: http://www.bing.com, et j’y ai lancé quelques requêtes.

Même si Wave semble avoir remporté le match des retombées presse, on peut avancer que Microsoft a réussi son coup. En effet, cela faisait longtemps que la presse technologique n’avait pas massivement mentionné des avancées dignes d’intérêt sur le marché de la recherche, en provenance d’un autre acteur que Google.

Microsoft aura moins réussi à susciter la curiosité, à créer du buzz, et à amener des habitués du moteur Google comme moi à chercher des infos sur Bing, et au final à le tester. La société présente cette application comme un moteur d’aide à la décision. Plutôt que donner accès au luxe de liens que fournit Google (et dont nous ne consultons qu’une infime partie), il prétend nous simplifier le travail, et circonscrire le cercle de la pertinence… très alléchant. Dans un contexte où nous sommes noyés par le volume d’informations disponibles sur Internet, promettre aux internautes qu’on leur simplifiera le choix est une promesse marketing bienvenue.

Avant l’utilisation du moteur, on perçoit aussi vaguement, à travers la vidéo de lancement et à travers ce que la presse en dit, que Bing serait un croisement entre un moteur de recherche et un comparateur de prix… Vu de ma fenêtre, ce serait du nouveau, et là aussi c’est alléchant.

Après mes premières requêtes, mes impressions sur Bing:

1. Le design du moteur est réussi, il se différencie en tout cas des interfaces très dépouillées d’images qui se sont généralisées récemment pour les moteurs. L’interface de Bing est structurée une très belle image d’arrière plan qui habille toute la page, et qui véhicule une dimension aspirationnelle dans la recherche d’informations. Fait nouveau, pour un usage Internet, très banalisé aujourd’hui. Il s’agit là d’un petit pari.

2. En fait de croisement entre moteur de recherche et comparateur de prix, Bing se contente simplement de passer la requête à des guides de consommation en ligne comme Ciao… Avis aux amateurs: il y a encore un créneau pour inventer un moteur de recherche qui soit aussi un comparateur de prix…

Autre petite déception, contrairement à Google et Yahoo, Bing n’a toujours pas repéré ce blog; en tout cas il ne le place pas sur la première page des résultats quand on rentre le nom de votre serviteur.

Venons-en maintenant à Wave. Comme la plupart des technophiles, je me suis précipité sur la vidéo qui fait la démonstration de cette nouvelle application. A ce stade, Je suis moins transporté que l’assistance de la démonstration, qui a, paraît-il, réservé une standing ovation aux présentateurs.

Pour ce que j’en perçois à ce stade, Wave unifie tous les outils de communication (mail, chat) et de collaboration (Wiki, espaces collaboratifs) utilisés dans l’entreprise. Il leur ajoute en outre une dimension réseau social. Wave propose donc de retrouver dans une seule application toute l’expérience dont nous pouvions bénéficier dans l’entreprise en agrégeant ou en faisant intégrer sur mesure des outils différents. C’est le portail d’entreprise 2.0 d’aujourd’hui, intégrant des outils conviviaux comme la reconnaissance vocale. C’est un gain fantastique!, mais , lorsqu’on ne l’a pas testé, ça ne semble pas totalement révolutionnaire. Vivement le test donc.

Le réseau social selon Google: iGoogle

Vendredi, avril 3rd, 2009

Je vous avais promis récemment d’investiguer ce que serait la réaction de MSN et Yahoo face au développement fulgurant de Facebook. Cela viendra bientôt, mais faisons d’abord un détour par Google. Car s’il y a bien un acteur de premier plan du marché Internet qui avait lancé son réseau social il y a déjà 4-5 ans, c’est Google. Ce réseau existe toujours et il s’appelle Orkut. Or… quoi? Orkut. Vous n’en avez pas souvent entendu parler car il y a 5 ans Google avait choisi de le lancer sur la pointe des pieds, un peu sur le mode réseau d’initiés. Je me souviens qu’un collègue chez Mandriva m’avait co-opté à un moment, mais je ne sais plus si j’avais répondu. Tiens encore un réseau à rajouter à ma liste de réseaux sociaux auxquels je ne me suis pas abonné. Mais promis j’activerai un compte Orkut prochainement pour les besoins de la comparaison.

On peut ainsi dire que si un acteur est passé à côté de la vague réseau social alors qu’il avait les cartes en mains au départ c’est Google. Sans doute l’entreprise n’avait-elle pas prévu que le phénomène se développerait aussi rapidement ces 2 dernières années.

Alors comment rattrape-t-elle son retard aujourd’hui? Sa stratégie semble basée sur 2 piliers: OpenSocial, un ensemble de spécifications ouvertes pour les réseaux sociaux, et iGoogle, son système de gestion de page personnalisée (le ”petit” camarade de Netvibes :)   ).  Lire ce qu’en pense Techcrunch.

Nous parlerons plus tard de OpenSocial, une alliance imaginée par Google pour empêcher que le marché du réseau social ne soit verrouillé par… Facebook notamment, en permettant à tous les contenus sociaux de communiquer entre eux.

La réponse frontale de Google à Facebook n’est pas basée sur son réseau social maison, Orkut, qui ne bénéficie pas de la notoriété de la star des réseaux sociaux, mais sur iGoogle qui est la version personnalisée du moteur de recherche Google, avec les contenus qui vous sont les plus chers. Or le moteur de recherche est le service le plus visité de Google, celui qui est devenu un passage obligé au moins une fois par jour pour tous ceux qui sont connectés.

Bien qu’ayant entendu le nom iGoogle depuis plus d’un an, je n’ai remarqué le service que fin 2008, lorsque j’ai vu sur mon ordinateur, au travail, que Google me proposait par défaut la version personnalisée du moteur de recherche… ce qu’il ne fait pas sur mon ordinateur à la maison. C’est qu’au travail, il a repéré que j’utilisais au moins 3 services Google: le mail, la gestion de campagne de liens sponsorisés, et Google Analytics (l’analyse de statistiques Web). Or Google permet aujourd’hui à partir d’une seule connexion d’accéder à tous les services et contenus maison, le tout pouvant être synthétisé sur votre page iGoogle (via des widgets)… un peu comme Facebook vous permet d’accéder à tous les contenus du Web… “Remix the  Web” quoi, comme dirait Netvibes… Avec iGoogle, vous pouvez chatter avec vos amis via Google Talk (dans la même page que celle du moteur de recherche) et vous pouvez suivre leurs flux d’activité/statuts via des applications tierces.

Google utilise ainsi la popularité de son moteur de recherche pour lier tous ses services entre eux et y ajouter la dimension  “sociale”. Viendra bientôt le temps d’inclure les fonctionnalités restantes de Orkut dans iGoogle, et de faire disparaître cette marque peu connu du grand public, au moins en Europe et aux Etats-Unis.

Pourquoi Facebook est devenu votre logiciel de chat par défaut, et pourquoi MSN et Yahoo sont devenus ses principaux concurrents

Dimanche, mars 22nd, 2009

Début avril 2009, cela fera un an que Facebook aura intégré la fonctionnalité de chat (tchatche en français) à sa plateforme. Ce qui pouvait ressembler, avant cette intégration, à un trombinoscope un peu évolué avec des fonctionnalités de mail interne est devenu alors un logiciel de messagerie instantanée intégrant des conversations protéiformes avec votre réseau d’amis et de contacts, dans un environnement qui regroupe les applications et les contenus les plus populaires de l’Internet.

Tous les éditeurs de messagerie instantanée, AOL, Microsoft (avec MSN), Yahoo, Skype et Google (Google Talk) ont dû tiré la langue. En effet, avec Facebook Chat, un nouveau concurrent arrivait sur ce marché déjà encombré, un concurrent armé de la croissance exponentielle de sa base utilisateurs, là où la base des acteurs “historiques” a tendance à faire du surplace ou à grossir de façon incrémentale.

La croissance de Facebook repose en partie sur la possibilité (inventée par d’autres et également utilisée par les autres réseaux sociaux) d’inviter d’un coup tout son carnet d’adresse, mail ou chat, à s’inscrire sur le site. Avec le développement de la fonctionnalité chat, c’est une partie de plus en plus importante des utilisateurs inscrits chez les acteurs historiques qui migrera ou dupliquera son usage de la messagerie instantanée vers Facebook. Surtout si Facebook trouve le moyen de permettre à ses utilisateurs, comme le fait Imo.im, de chatter avec des personnes inscrites sur des logiciels de messagerie concurrents. Un article de Techcrunch montre d’ailleurs comment Microsoft et Yahoo freinent pour le moment l’intégration de leurs logiciels de messagerie avec  ceux des concurrents.

Le but clairement affiché de ce réseau social est qu’on s’en serve pour interagir aussi bien avec ses proches qu’avec des clients, des fans, ou des entreprises, augmentant par là les possibilités de conversations instantanées de tous ordres, y compris au travail. En comparaison, les autres acteurs grand public viennent d’une culture où la messagerie instantanée est réservée à la sphère privée (famille, amis, etc.). Cela a des implications importantes sur les relations que les entreprises ou les personnes publiques développeront bientôt avec leurs “cibles”. On peut imaginer que telle personne publique ou entreprise pourra organiser un chat avec ses fans via Facebook. Parmi les nouvelles fonctionnalités de Facebook se trouve justement la possibilité pour les organisations et les personnalités publiques d’avoir accès aux mêmes types de fonctionnalités qu’un utilisateur lambda (chat, messagerie, invitation, vidéo).

Jusqu’à présent les entreprises passaient essentiellement par les sites de news de type Libération, Le Monde, ou Les Echos, pour organiser des chat à grande échelle en direction de leurs cibles; on peut parier qu’elles utiliseront de plus en plus Facebook pour ce genre d’événements.

Sur le marché de la messagerie instantanée, en termes d’utilisateurs inscrits, la hiérarchie est la suivante:

1. MSN – Live Messenger (environ 320 millions actifs)
2. Yahoo Messenger (plus de 248 millions actifs)
3. Skype (environ 309 millions enregistrés)
4. AOL (plus de 100 millions enregistrés)

Source: Wikipédia

En comparaison, Facebook ne compte aujourd’hui que 175 à 180 millions d’utilisateurs. Il est ainsi déjà devant AOL, mais derrière MSN, Yahoo et Skype. Cela dit, ces chiffres reflètent le nombre total d’utilisateurs inscrits, ils ne disent pas le nombre d’utilisateurs réellement actifs; par exemple combien utilisent le service au moins une fois par semaine.

Facebook étant devenue une des destinations les plus prisées au monde (il est dans le top 10 des sites les plus visités), on peut imaginer que le nombre d’utilisateurs actifs de son service de chat augmente lui aussi de manière exponentielle.

Dans une prochaine chronique, nous verrons si, en  réponse, MSN, Yahoo, Google, Skype  et AOL vont se transformer en réseaux sociaux.

Amazon transforme l’iPhone en lecteur de livre numérique (aux Etats-Unis)

Dimanche, mars 8th, 2009

Depuis 2000 et la bulle Internet, plusieurs sociétés se sont lancées sur le marché du livre numérique en créant des appareils dédiés, les fameux e-books. La plupart de ces appareils ont échoué. Un des marronniers marketing de cette aventure technologique contratriée est le lancement lors des salons du livre successifs de nouveaux ebooks: Cybook, Cytale, E-reader de Sony (l’année dernière)… Jacques Attali, une de nos gloires nationales, aujourd’hui partie prenante dans l’aventure slate.fr, s’était associé au lancement d’un modèle de e-book. Là ausssi sans succès.

Les premiers lecteurs de livre numérique ont échoué pour au moins 2 raisons. La première est notre attachement irréductible au livre papier, support avec lequel une relation d’intimité peut se construire, et média qui offre des possibilité en termes de représentation sociale qu’un appareil numérique aussi pauvre fonctionnellement que les premiers e-book ne pouvaient pas égaler. La deuxième raison est  la multiplication des écrans concurrents (Lecteur MP3/vidéo, Lecteur DVD portable, Consoles de jeux portable), dont le téléphone portable, une sorte de doudou numérique qui nous accompagne partout, et qui, lui, est connoté affectivement.

Les smartphones, sous Symbian, Windows Mobile, Linux ou Apple, sont les lecteurs numériques d’aujourd’hui. Avec un marché réeel. L’iPhone compte par exemple 12 millions d’utilisateurs dans le monde. Bien, bien plus que le Kindle physique d’Amazon.

Amazon a lancé une première version de son Kindle en novembre 2007. Et il l’a récemment renouvelée. L’offre originale d’Amazon comprend pour sa partie matérielle un lecteur physique de la taille d’un livre de poche et, pour sa partie logicielle la possibilité de télécharger des livres dans l’immense catalogue de livres numérisés d’Amazon, ainsi que des abonnements à des journaux américains de premier plan (New York Times notamment). On peut aussi lire le premier chapitre de nouveaux livres!
En s’associant à l’iPhone, Amazon lance une version exclusivement logicielle de son offre.

Lire l’article du blog technologique Techcrunch

Amazon a choisi l’Apple et l’iPhone pour une raison bien précise. Apple est un des rares acteurs technologiques du marché des loisirs numériques à avoir trouvé une stratégie gagnante pour monétiser des contenus dématérialisés. En effet, Après avoir dynamité le marché de la musique en ligne en changeant les règles du jeu à son compte, Apple s’est attaqué au marché des smartphones (téléphones intelligents) avec un très grand succès, l’iPhone étant en passe de devenir un tube du niveau de l’iPod.
A chaque fois, Apple a construit son succès autour d’une offre close (pas de possibilité pour l’utilisateur de modifier les paramètres techniques) et de sa boutique en ligne, l’Apple Store, qui allie à la fois expérience utilisateur de pointe et obsession du tiroir-caisse. A titre d’exemple, lorsque vous tentez de vous abonner à une offre gratuite Apple (MobileMe au hasard), soyez sûr que la boutique vous a à l’oeil et que votre numéro de carte-bleu sera demandé pour pouvoir accéder à l’offre gratuite… Sur un autre plan, il est aujourd’hui impossibe pour un éditeur tiers d’application d’être présent sur l’iPhone sans être référencé sur la boutique Apple.

J’avais été surpris quand j’ai appris l’été dernier qu’Amazon s’était lancé dans le matériel High Tech (Hardware) en sortant des e-books sous sa marque. Jusque là, Amazon avait acquis sa légitimité sur une maîtrise inégalée du l’expérience utilisateur Internet et de la logistique e-commerce.
L’annonce de son partenariat avec Apple, un autre géant de l’expérience utilisateur Internet depuis l’invention de iTunes, confirme que la stratégie Kindle d’Amazon est aussi bien logicielle (ventes de licences, partenariat) que matérielle (vente d’appareils dédiés en propre). Cette stratégie a d’ailleurs de fortes chances de devenir plus logicielle que matérielle, vu le potentiel des partenariats commerciaux et la multiplication des canaux de distribution de la technologie Kindle, en regard de l’emmerdement que représente la fabrication et la gestion de stocks de matériels. Mais peut-être qu’en 2020 nous aurons tous des livres numériques et que le lecteur associé sera devenu une commodité, comme les lecteurs MP3 aujourd’hui… en 2020.

Avec ce partenariat, Amazon renforce sa position de société incontournable sur le marché du livre numérique. Il se donne encore plus les chances de devenir le standard logiciel sur ce secteur, au moins pour le canal mobile. Après l’iPhone, Amazon réussira-t-il  à convaincre Sony, qui vient de lancer son E-reader, de faire une place au logiciel Kindle sur sa console de jeu portable, PSP? :) On peut en douter.

Le peu d’ouverture de la plateforme iPhone et le fonctionnement de ce téléphone comme une sorte de boîte noire qui se paramètre toute seule via le réseau mobile, avec impossibilité pour l’utilisateur de modifier la configuration, m’ont jusqu’ici détourné de l’acheter. Mais des applications comme Facebook ou Kindle pour iPhone sont en train de fluidifier mes objections…

Google Chrome: il faut nourrir Android

Lundi, septembre 8th, 2008

“We think of the browser as the window to the web”,

Sundar Pichai, Vice Président du management produit

Après la messagerie Internet, Il y a déjà 2 ans, Google vient de lancer un navigateur Internet, Chrome. C’est la nouvelle étape de cette guerre pour le logiciel, contre Microsoft, annoncée par les analystes depuis que le moteur de recherche a capté la majeure partie du marché de la publicité en ligne et bénéficie d’une des plus grosses valorisations de la sphère technologique.
Le lancement de Chrome est cependant une surprise car on avait pris l’habitude de voir Google soutenir Firefox, le navigateur star issu du logiciel libre. Il y a au moins une explication à ce qu’on peut voir comme une forme de lâchage de Firefox : pour Google, Chrome est bien plus qu’un navigateur Web, il s’agit de l’embryon de son futur système d’exploitation pour les ordinateurs.

Chrome est la fenêtre (Window, voir la citation au début de cet article) du Web, annonce l’entreprise dans un jeu de mot savoureux, qui se joue de Microsoft et de Windows. Il confirme une révolution qui voit les applications quitter le disque dur pour résider sur l’Internet.Capture BD présentation Chrome

Ces dernières années Google a déployé sa stratégie logicielle contre Microsoft en lançant des applications originales (Google Earth, Google Maps), des alternatives à des applications Web ou poste de travail populaires (Google News, Google Mail, Google Docs), et en favorisant des succès applicatifs du logiciel libre (Firefox, Open Office notamment). Si Google lâche Firefox, il a cependant pris soin de développer Chrome sur le modèle Open Source (logiciel libre), le même modèle que celui qui a fait le succès de Firefox, et qui permettra à n’importe qui de créer un navigateur à partir de la technologie Chrome ou de développer des applications pour cette plateforme.
Microsoft de son côté a contré les applications originales de Google (Microsoft Maps, Microsoft Virtual Earth) et a mis en scène une forme de rapprochement du modèle du logiciel libre, en promettant d’ouvrir un peu plus le code de ses applications et en se positionnant ainsi sur l’interopérabilité.
Cette guerre, qui concerne déjà les systèmes d’exploitation pour téléphone mobile, avec le lancement public fin septembre 2008 de Google Android, système d’exploitation concurrent de Windows Mobile, débarque aujourd’hui sur celui du système d’exploitation pour ordinateur.

Mais revenons sur le marché des navigateurs Internet, celui visé par Chrome, à première vue. C’est un des plus disputés, avec la fameuse bataille Netscape-Internet Explorer, qui a vu le second mettre un terme à la domination du premier, jusqu’à faire disparaître le pionnier de la navigation Web. Aujourd’hui, Microsoft domine plus de 74% de ce marché. Il a obtenu ce chiffre essentiellement en liant son navigateur au système d’exploitation Windows, le plus répandu au monde et qui capte lui plus de 80% de son marché.Depuis, plusieurs navigateurs ont été lancés (Opera, Firefox, Safari), qui ont apporté leur lot d’innovations sans mettre en danger de manière significative la domination de Microsoft: les outils pour la navigation mobile pour Opera, une meilleure sécurité et la navigation par onglet pour Firefox. Mais aucun de ces navigateurs, malgré de réels succès d’audience (jusqu’à 18% du marché pour Firefox), n’est en mesure de menacer significativement la part de marché d’Internet Explorer. Et la situation n’évoluera pas tant que Windows sera le système d’exploitation dominant au monde. Google a ainsi décidé de changer les données du problème en promouvant des systèmes d’exploitation concurrents de Windows, sur lesquels il ferait fonctionner ses applications. Le premier d’entre eux est l’Internet lui-même, LE système d’exploitation du futur (Google est aujourd’hui un géant de l’Internet), le second est Linux, que Google soutient financièrement et technologiquement en l’ayant retenu pour sa propre infrastructure.

Voir l’analyse de Francis Pisani et quelques questions soulevées par le site Technologizer.

A titre personnel, j’utilise sur mon ordinateur Firefox ET Internet Explorer, quand le premier plante, car ça lui arrive malheureusement de planter (à noter que Google promet un navigateur qui ne plante pas avec Chrome). J’utilise aujourd’hui un smartphone HTC sous Windows Mobile, après avoir été un fan du Vizor Handspring, PDA issu de la galaxie Palm. L’argument qui m’a fait passer au smartphone Windows Mobile, outre le clavier du téléphone HTC, est la promesse de pouvoir éditer des documents Windows (doc, excel) et de lire des PDF.

Android offrira-t-il cette possibilité ou proposera-t-il des applications conccurrentes, en se basant notamment sur Open Office, le concurrent de Windows Office issu du logiciel libre? En tout cas avec Android, Google s’est doté de la plateforme sur laquelle il fera tourner Google Mail et Chrome, la messagerie et la navigation Internet étant les 2 applications Web les plus populaires, que l’on retrouve déjà sur les téléphones portables.