Archive pour Marketing Mobile

Plan média: Google et Microsoft font leur (pub) cinéma

Je n’avais jamais vu de pub Google au cinéma (vous non plus j’imagine), ni à la télé d’ailleurs (il paraît qu’il y en a une qui est passée récemment, sans doute la même). Le géant de la recherche continue d’investir les moyens traditionnels de publicité, depuis l’apparition du navigateur Chrome sur les affiches du métro parisien et dans les magazines français; c’était cette année ou il y a déjà un an? Cette prise de parole dans les médias de masse traditionnels se fait à chaque fois avec un impact certain, puisque nous ne sommes pas habitués à voir Google communiquer sur ces supports.

La dernière pub cinéma du moteur de recherche, très efficace, est influencée par le dépouillement caractéristique du design Google. Elle est composée uniquement d’animations reproduisant des recherches sur le moteur, et entend nous rappeler que Google nous accompagne à toutes les étapes de la vie… Premier boulot, première rencontre, première naissance… un peu sur le modèle de cette pub célèbre de compagnie d’assurance qui voulait montrer qu’elle s’occupait de nous tout au long de la vie. Avec cette fameuse musique, vous vous souvenez… “taaataaatatataaaa tattatatata tatataaaaattaa” :) Bon je vous aide, il s’agit de la Suite jazz n° 2, valse n° 2 de Dimitri Chostakovitch (CNP Assurances).
Dans cette pub Google, on reconnaît un moment le bruit d’un TGV qui passe, petit clin d’oeil au rôle de la SNCF dans notre quotidien, et pub gratuite au passage, “merci Google” pourrait dire la société nationale des chemins de fer.

L’autre publicité qui a fait parler récemment est celle de Microsoft pour sa nouvelle plateforme mobile, Windows Phone 7. Beaucoup n’ont pas compris le slogan “les téléphones qui nous font décrocher du téléphone”. Lancé sur le mode teasing il y a quelques semaines, ce slogan est illustré dans les pubs cinéma et télé. On finit par comprendre que ces nouveaux téléphones sont tellement fluides/organisés qu’ils nous font gagner du temps pour la vraie vie… ah… le cheminement est un peu tortueux tout de même. Une chose est vraie cela dit, c’est l’impression de vitesse/fluidité qui se dégage effectivement de ces nouveaux téléphones.
Cette publicité pour les Windows Phone s’intègre dans les prises de parole successives qui ont jalonné l’année 2010: Windows 7, nouvelle version de Hotmail (avec campagne d’affichage dans le métro) et pour finir, “Destination le Cloud” pour populariser la notion d’informatique dématérialisée.

Au jeu des pubs cinéma, petit avantage pour Google, en partie à cause de l’effet de surprise - nous ne sommes pas habitués à voir des pubs Google au cinéma/à la télé (contrairement aux pubs Microsoft) - et aussi parce que cette publicité transporte une certaine charge émotionnelle à partir de moyens très simples, des captures d’écran accompagnées par une bande sonore. Mais comme on l’a vu le dispostif lui-même n’est pas original.

Je n’ai pas encore vu de pub Apple au cinéma en cette fin d’année. La firme à la pomme se réserve-t-elle pour le lancement de l’iPad 2 en janvier prochain? Quant au réseau social Facebook, on sait qu’il n’avait pas besoin de plan média cinéma, puisque le réalisateur David Fincher s’en est chargé, dans son film très inspiré, “The Social Network”.

Skype se synchronise avec Facebook

Début 2009, ce blog consacrait son premier article à Facebook, avec beaucoup de retard me direz-vous; retard dû essentiellement à des doutes sur les conséquences en matière de vie privée de l’utilisation de ce réseau.  Dans cet article, je décrivais la capacité de Facebook à intégrer dans sa plateforme des expériences utilisateurs créées ailleurs, par d’autres applications comme Dailymotion/Youtube. Je ne mentionnais pas Skype, la référence pour le grand public dans le domaine de la voix sur IP et de la messagerie instantanée. skype
Il faut dire que, à l’époque, nouvellement inscrit sur Facebook, je n’avais pas remarqué la fonctionnalité de chat, qui est pourtant une des plus engageantes sur ce réseau social. Cette fonctionnalité n’était d’ailleurs pas aussi mise en avant qu’aujourd’hui.

Dans ce premier article et dans ceux qui ont suivi, je me suis demandé jusqu’où irait la capacité d’intégration de Facebook. Jusqu’ici on pouvait penser que Facebook, dans le sillage de la fonction Chat, développerait sa propre solution de visio-téléphonie sur IP. Après tout, la société a lancé ses propres plateformes photos et vidéos. La plateforme photo étant aujourd’hui la première sur Internet. Or Skype et Facebook viennent d’officialiser un partenariat qui fait du premier la solution VoIP par défaut sur le 1er réseau social au monde. Il serait ainsi surprenant que Facebook lance sa propre solution de visio-téléphonie dans un avenir proche. Peut-être le réseau social a-t-il jugé que c’était la meilleure façon de prendre le contrepied de Google Voice, la solution VoIP du géant de la recherche: fortifier un pionnier innovant déjà établi, plutôt que investir soi-même. La VoIP nécessite en effet de payer des frais d’interconnexion très importants aux opérateurs téléphoniques.

Au-delà de ce partenariat, certains parient sur un rachat de Skype par Facebook.

Une note  récente de la banque Goldman Sachs attribuait à Skype plus de 500 millions d’utilisateurs, le même nombre que celui de membres de Facebook. En termes de base installée, c’est donc 2 partenaires de taille équivalente qui collaborent. Mais alors que Facebook n’a pas quitté les feux de l’actualité depuis 2 ans, Skype est resté un peu en retrait des soubresauts de la compétition Apple-Google-Facebook-Microsoft. Lorsque la société a fait l’actualité durant l’année écoulée, c’était pour mentionner la volonté d’eBay, propriétaire de Skype, de revendre l’entreprise, reconnaissant ainsi  une forme d’échec quant à la possibilité de trouver des synergies avec Ebay.com. Il est aussi de plus en plus question d’une prochaine introduction en bourse du pionnier de la VoiP.

Avec ce partenariat, les utilisateurs de Skype pourront désormais retrouver leur fil d’actualités Facebook dans leur application VoiP favorite, et leur carnet d’amis Facebook devient une extension de l’annuaire Skype pour les numéros fixes et portables. Il est par ailleurs possible à présent de synchroniser son statut skype avec son statut Facebook

Skype est une des applications Internet les plus puissantes d’aujourd’hui. L’avènement de Facebook l’a un peu fait oublier, en donnant un petit coup de vieux à cette application. A tel point qu’il n’est pas sûr que Skype soit inclus dans la mouvance 2.0 dans l’esprit du grand public; l’application date tout de même de la fin des années 90. Ce partenariat devrait corriger le point d’image.
Skype est le seul logiciel de messagerie instantanée/VoIP que j’aie jamais vraiment utilisé pour un usage personnel. Mes essais avec ICQ n’ont jamais été probants (spam; balbutiements des connexions 56k de l’époque…), je n’ai pas de compte MSN, et Google Talk est arrivé après. Récemment, mon usage personnel de Skype a été très parcimonieux. La faute aux box ADSL qui ont généralisé les appels gratuits en France et vers certains pays d’Europe, ainsi que des tarifs réduits d’appel à l’international. Question d’ergonomie aussi. Pour utiliser le téléphone avec la box ADSL, pas besoin d’allumer l’ordinateur. Pour utiliser Skype, il faut, la plupart du temps, allumer l’ordinateur, ce qui prend du temps. Les tentatives de fabricants de téléphones mobiles comme Nokia pour intégrer cette application ont été ralenties par les opérateurs téléphoniques, mais l’arrivée des tablettes Internet va changer cela. Si mon usage personnel de Skype s’est amoindrit, mon usage professionnel lui est repartit à la hausse, dans le sillage de l’utilisation de plus en plus forte de la messagerie instantanée en entreprise.
Application puissante pour le grand public, Skype l’est devenue aussi pour les entreprises de toutes tailles, en offrant une interaction fluide et ludique, avec les collègues, les partenaires et les clients. Une preuve récente de cette puissance est que Skype est cité comme  une des applications clés dans la vidéo de présentation de la nouvelle tablette professionnelle HP Slate 500.

HP Slate 500 donne un corps séduisant à l’idée pas nouvelle de Tablet PC

Cela fait plus de 10 ans que circule l’idée de Tablet PC, en gros un PC-écran débarrassé de sa tour de contrôle beige, devenue noire avec le temps. Il y a quelques années, ce concept de PC-écran traînait encore avec lui un clavier physique, et se déployait sur une surface minimum de 17 pouces. Mais l’iPad est passé par là, et la taille de l’ardoise magique a rapetissé.

Avec la tablette Slate 500, HP est passé du prototype (ou de la série limitée – qui connaît un propriétaire de tablet PC “old school” autour de lui?) à la production de masse. Encore que la masse en question soit limitée, puisque HP a conçu cette tablette essentiellement pour le marché Entreprises. Le constructeur informatique, sans doute sur la suggestion de son partenaire Microsoft, fait la distinction entre “Media Tablet” (plutôt grand public et destiné à un usage loisirs) et “PC Tablet” destiné à un usage professionnel. Ce distingo apparaît quelques jours après que Steve Jobs a désigné le marché Entreprises comme un segment très prometteur pour l’iPad… ça ne vous rappelle rien?


Présentation HP Slate 500

On est plutôt soufflé par la segmentation inédite Media/PC, qui a du fondement quand on la décline en loisirs/professionnel, mais qui montre tout de même que pour certains l’industrie informatique devra encore continuer à tourner autour de 2 lettres, PC :-) , et de Windows circa 7, puisque c’est l’OS qui anime ce nouveau concurrent de l’iPad.

Le HP Slate 500 représente sans doute une des réponses les plus séduisantes de Microsoft pour continuer à dominer le marché Entreprises dans le nouveau paradigme informatique  initié par l’iPad. Cette tablette arrive armée, comme d’habitude, de l’argumentaire clé de la firme de Redmond: les applications Office et l’intégration avec l’environnement Windows. Ces applications sont certes aujourd’hui contestées par Google Docs et les applications mobiles, mais elles ont encore une présence dominante dans l’entreprise. HP a intégré d’office – ah ah – des accessoires, comme le stylo électronique, la station d’accueil, et la coque protectrice, qui pour les tablettes concurrentes sont des éléments à acheter en supplément. Bien vu. Pour moi un des usages clés d’une tablette est la  reconnaissance d’écriture et la possibilité de pouvoir écrire dessus avec un stylet ou les doigts (ce que permettaient déjà les PDA Palm).
Contrairement à nos confrères de TechCrunch , je ne pense pas que cette nouvelle “ardoise” (c’est la traduction de “Slate”) marque un simple bégaiement attrayant de l’évolution du marché des tablettes.

En termes de taille, l’écran du Slate se situe entre les 7 pouces du Galaxy Tab de Samsung et les 10 pouces de l’iPad, peut-être la taille idéale finalement.
Devinez quoi, j’ai un PC sous Windows 7 au boulot, et je suis bien tenté par lui adjoindre un compagnon en la forme de cette tablette HP…

A travers le Slate 500, le “Windows canal historique” pour ordinateurs de bureaux fait encore de la résistance (financière entre autres) aux systèmes d’exploitation pour tablettes/smartphones, Windows Phone  compris, systèmes qui, sous l’influence de Google, sont devenus une commodité distribuée gratuitement aux constructeurs de téléphones. Ah oui, un détail, le prix de la bête est d’environ 799 dollars, sans doute un peu moins en euros. Et ici pas question de subvention opérateurs :-(

Nokia poussé à réinventer sa vision de la convergence sous la pression des plateformes Apple et Androïd

Il fut un temps où Nokia, le premier fabricant au monde de téléphones portables, était vu par son marché comme le premier sur ce secteur à la fois en termes d’appareils vendus, mais aussi en termes d’innovation. On se souvient par exemple que début 2000, Nokia était le premier à intégrer la fonction appareil photo au téléphone mobile. L’entreprise a d’ailleurs veillé à conserver l’avance matérielle sur cet item en incluant une optique Carl Zeiss sur ses téléphones haut de gamme. Côté logiciels de traitement photo, c’est une autre histoire, dont nous parlerons plus tard.Nokia

Si Nokia reste toujours le premier vendeur de téléphones, sa position en tant que premier innovateur de son marché a été mise à mal par le succès de la plateforme iPhone, et aujourd’hui celle d’Androïd.
Le lancement puis le succès de l’iPhone ont marqué le passage d’un environnement où le téléphone était essentiellement défini par son design et ses composants matériels (qualité de la capture photo, de la lecture audio), à un environnement où les applications sont devenues fondamentales. Sur ce point, vous pouvez  lire sur le site Techcrunch les propos d’analystes.

L’irruption d’Apple sur le marché de la téléphonie a finalisé la fusion des métiers de l’informatique et des télécoms, un processus commencé il y a plusieurs années.
L’effet de l’iPhone sur le business des smartphones Nokia est un peu comparable à ce que la fusion des PDA et du téléphone mobile a produit sur le business de Palm (le pionnier dans les agendas électroniques): un processus de déclassement aux yeux du marché et des leaders d’opinion. Il faut se souvenir que jusqu’au rachat par HP, Palm ne s’est jamais vraiment remis de ce processus; mais le marché des tablettes lui offre une nouvelle opportunité.

La téléphonie mobile est-elle devenue d’abord un business d’éditeurs de logiciels? En l’espace d’une semaine, Nokia a annoncé le départ du Directeur de sa division smartphones, ainsi que celui de son PDG, remplacé par un “routier averti” de l’informatique, en provenance de chez le premier éditeur mondial de logiciels, Microsoft. Soit dit en passant, vu l’identité des 2 forces les plus disruptives, on se serait plutôt attendu que le nouveau PDG vienne des rangs de Google ou d’Apple…
Cela dit, le choix par Nokia d’un PDG issu de l’informatique confirme la nécessité de renforcer la culture maison dans le domaine logiciel. Les difficultés sur ce plan ont particulièrement été visibles lors du lancement contrarié d’OVI, l’équivalent de l’Appstore d’Apple.

Samsung fait sensation avec son Galaxy Tab sous Android

Nous vous parlions récemment des petits camarades qui allaient très bientôt rejoindre l’iPad. Et bien Samsung semble avoir pris un sérieux ticket, avec son Galaxy Tab,  le miroir inversé des limites pointées de l’iPad: connexion 3G, Webcam,  poids et taille réduits… Regardons-le en action dans cette vidéo du site Techcrunch.com.

Archos a de son côté présenté 5 nouvelles tablettes, toutes dépourvues de la 3G et de l’accès à l’Android Market. Choix audacieux, mais il y a sans doute un pan des utilisateurs qui n’a pas besoin de la connexion 3G. Pensons au marché éducatif par exemple….

Une fin 2010 riche en tablettes?

A la lecture des Echos et du Figaro économie ce jeudi 26 août, on en apprend un peu plus sur la fièvre qui s’est emparée des fabricants informatiques concernant le prochain périphérique convergent, né dans le sillage de l’iPad, et qui apparaît généralement sous le nom de “tablette”.  Cette fièvre fait suite à celle apparue en 2009 autour des Netbook, relégués du coup au second plan.

Archos 7 Home Tablet

Archos 7 Home Tablet

Qu’apprend-on dans les articles mentionnés?

  • Apple lancerait d’ici 2011 des mini iPad, moins encombrants que la première génération (mais plus grands qu’un iPhone) et moins coûteux. Si cela se confirmait ce ne serait pas surprenant. L’hétérogénéité de la famille iPod ne lui a pas nui, au contraire; il y en a pour toutes les bourses. Un tel lancement démentirait cependant tous ceux qui avaient osé écrire que la surprise avec l’iPad était son prix incroyablement bas… :-)
  • Orange, un des premiers opérateurs mobiles dans le monde serait lui sur le point de lancer une tablette bon marché sous le système d’exploitation Android de Google. Un périphérique successeur de son Tabbee, ce cadre photo numérique évolué/mini média-center, qui ne bénéficie pas de l’offre applicative, ni de la fureur marketing qui entoure l’iPad
  • D’autres fabricants comme Samsung, Dell, HP et Archos devraient suivre. Ce dernier ayant déjà sorti des tablettes sous Android et Windows 7, mais sans bénéficier d’une bonne presse. Un système d’exploitation trop lent ou des composants matériels dépassés sont généralement les défauts pointés. Archos est cependant le seul compétiteur d’Apple déjà identifié chez l’analyste GFK, lequel désigne le nouveau périphérique convergent sous le nom de “Web book”… On est curieux de connaître  la différence sémantique avec un Netbook :-)

Quelques points saillants  sur ce marché des tablettes:

  1. Il n’est pas récent. Microsoft travaille sur l’idée de “Tablet PC” depuis les années 90…  Les premiers prototypes n’avaient certes pas une taille aussi réduite et incluaient des claviers physiques. On peut aussi considérer que Palm, avec ses PDA, était déjà un fabricant de tablette.
  2. Même si le concept existe depuis longtemps, Apple apparaît comme celui qui a ouvert ce marché avec l’iPad. On est ainsi dans uns situation différente ce qui se passait pour les baladeurs numériques ou le téléphone portable, où Apple est arrivé après et a révolutionné ces produits. C’est donc l’occasion de voir si la concurrence multiforme qui s’annonce est capable de révolutionner une ligne de produit inaugurée par Apple.
  3. La décision d’Apple de décliner la famille iPad est une façon de reconnaître que la première génération n’est pas à même de répondre au grand spectre de besoins suscités par le nouveau périphérique convergent. Nombreux sont ceux qui ont pointé par exemple l’absence de périphérique de stockage, de caméra, ou le poids de cet engin qui ne permet pas de l’utiliser dans les transports en commun. Le lancement des iPad mini est ainsi une arme pour répondre à la concurrence qui va s’engouffrer dans les limites identifiées des premiers iPad.
  4. Qu’un opérateur téléphonique, dont ce n’est a priori pas le coeur de métier, puisse se lancer sur ce marché quelques mois à peine après son ouverture par le fabricant informatique qu’est Apple montre l’accélération du temps technologique que nous vivons, ou confirme que le concept de tablette est dans l’air depuis suffisamment longtemps pour que des acteurs non issus du monde informatique puisse se lancer très rapidement.
  5. Les fabricants qui iront sur ce marché vont affronter une concurrence très hétérogène. Des consoles de jeu portables comme la PSP de Sony ou la DS de Nintendo, qui n’arrêtent pas d’étoffer leurs fonctionnalités, jouent sur le même terrain. Il en est de même pour les cadres photos numériques, qui devraient voir leurs fonctions s’enrichir.
  6. On est curieux de voir ce que Nokia, qui a surpris en  lançant un Netbook début 2010, va faire sur ce marché. Certains (dont nous ne sommes pas forcément) lui conseillent de remplacer son système Symbian par Android, le système d’exploitation gratuit qui monte, et qu’Orange a retenu pour sa tablette. Et que dire de HP qui a racheté Palm, un des premiers fabricants de tablettes, alors connus sous le nom de PDA?

Alors nos écrans de smartphones sont-ils devenus si rapidement trop petits?

iPad premières impressions

Ma première rencontre avec l’objet date du mois d’avril, quand une connaissance, collaborateur de l’agence de radio numérique GOOM,  en a rapporté un des Etats-Unis. L’iPad m’a tout de suite semblé  un bel objet, marque de fabrique d’Apple, cependant trop grand et lourd pour être facilement utilisé en mobilité.

iPad d'Apple

iPad d'Apple

J’ai en revanche été bluffé par la qualité de la vidéo, notamment celle diffusée en html5 sur Youtube, censée être compressé… L’iPad est donc indéniablement un lecteur portable vidéo de qualité supérieure. C’est d’ailleurs un des seuls usages dans lequel on imagine utiliser un iPad en mobilité. J’ai par exemple pour le moment croisé personne dans le métro qui utilisait l’iPad comme un reader (une liseuse). Peur du vol peut-être me direz-vous :-)

Depuis cette première rencontre,  j’ai pu utiliser l’iPad chez des amis, et j’ai assisté à une session d’évangélisation faite par Backelite, une des agences spécialisées en éditions d’applications mobiles sur la place de Paris. Marrant comme tout le monde veut lancer son application iPad…

Jusqu’ici, j’ai le sentiment que c’est un objet qui se vendra plus sur des utilisations professionnelles, contrairement à l’iPod et l’iPhone, dont le succès grand public n’est plus à prouver. Je me trompe peut-être, Apple annonce en avoir déjà vendu plus de 3 millions en 3 mois dans le monde.

Un des usages qui m’a paru le plus évident, et qui rattache cet objet à la fois au salon de la maison et à celui où les professionnels se rencontrent, est qu’il est un terminal très pratique pour partager avec les autres des expériences (photos, sites Web, informations), ce que l’écran du smartphone, encore trop petit, ne permet pas forcément. Mais là où d’autres terminaux – meilleur marché -, tels que les cadres photos numériques, pourront le concurrencer dans le salon de la maison, il me semble que le marché entreprise ou éducatif lui offre plus d’opportunités (salons encore une fois, formations, démonstrations, bibliothèques, universités, terminal de productivité professionnel simplifié…)

J’ai la chance de connaître le créateur du site http://applicationsipad.net/, devenu une des références pour les usages de l’iPad; je publierai donc prochainement un entretien avec lui.

Google veut nous faire Buzzer (quand la messagerie Internet devient réseau social)

Google Buzz, c’est donc le nom de la nouvelle fonctionnalité réseau social du géant de la recherche sur Internet. A lire les premiers articles des journalistes qui ont pu suivre une présentation, on perçoit la très grande ambition que l’entreprise a placé dans le développement de ce nouveau produit.

Google Buzz

Google Buzz

Intégration à Gmail (la messagerie Internet maison), intégration aux applications mobile dont Maps (cartes) avec géolocalisation automatique des statuts, émission des statuts et des tweets par reconnaissance vocale…  Même sans l’avoir testé, on imagine aisément ce qu’on pourrait faire de Google Buzz, à l’inverse d’un Google Wave par exemple, qui même pris en main, a pu laisser dubitatif.

C’est bon signe. Google vient donc ainsi de remplacer Orkut, qui faisait figure de réseau social maison officiel jusque là, et qui était un échec en Europe et aux Etats-Unis. Dans le post intitulé le réseau social selon Google, j’avançais l’hypothèse que Google pouvait se servir du moteur de recherche, une des pages les plus visitées au monde, comme base d’un réseau social.
L’entreprise a apparemment choisi pour le moment de passer par Gmail et ses 175 millions de visiteurs uniques mensuels, ainsi que ses millions de comptes utilisateurs, déjà habitués à la messagerie instantanée et à la visiophonie (Fonctionnalité dont Facebook ne dispose pas pour le moment). Mais si le réseau social a pu être intégrée à Gmail ou à la version mobile de Maps, on voit mal pourquoi il ne pourrait pas être intégré au moteur de recherche lui-même.

La question est, cette nouvelle tentative détournera-t-elle de nombreux utilisateurs de Facebook (400 millions de membres fin janvier 2010)?
Si on considère que 1 des 3 lieux de passage quotidiens d’un internaute aujourd’hui (avec le réseau social et un moteur de recherche) est la messagerie  personnelle, il est clair que Google dispose des applications et des solutions de scénarisation pour retenir l’internaute dans son réseau. Maintenant, on peut faire le pari que peu de personnes se déconnecteront de Facebook pour maintenir un compte uniquement sur Google Buzz. C’est donc un partage plus équitable du marché des réseaux sociaux que cette application vise, en faisant migrer les comptes utilisateurs maison vers une expérience plus sociale à l’intérieur de l’écosystème Google.

Il se murmure que Facebook de son côté serait sur le point de doper son offre de messagerie Internet… Yahoo quant à lui a intégré depuis le début de l’année des fonctionnalités sociales à sa messagerie… En ce début 2010 le réseau social a donc avalé la messagerie personnelle.

Spotify, le service de référence pour le streaming musique sur mobile pour combien de temps?

Parmi les attentes suscitées par le buzz précédant l’annonce de l’iPad, il y avait l’éventualité qu’Apple, après son rachat de la startup Lala, spécialisée en streaming musique, dévoile une nouvelle version d’iTunes permettant notamment d’écouter une bibliothèque musicale entière en mobilité. Aujourd’hui iTunes est essentiellement tourné vers le téléchargement payant à l’acte. Mais il semble que l’annonce de cette nouvelle mue soit réservée pour plus tard, peut-être à l’occasion d’une prochaine version de l’iPhone.

Spotify

Spotify

Il y a 2 ans, nous découvrions la possibilité de nous constittuer des playlists en streaming sur le Net, avec Deezer et Jiwa. Aujourd’hui, la même expérience s’est déplacée sur le mobile. Pour 10 euros par mois, Spotify permet d’écouter en streaming illimité sur mobile toutes les musiques que l’on souhaite, avec une expérience très fluide qui n’est pas sans rappeler celle d’iTunes sur certains points. Spotify a été suivi il y a quelques mois par Deezer avec une offre mobile Premium.
Une utilisation gratuite de Spotify est possible sur ordinateur, mais avec un flux musical qui peut être entrecoupé par de la publicité. Il faut bien vivre.

L’astuce technologique utilisée par Spotify est la possibilité de garder dans la mémoire cache du téléphone mobile ou du navigateur Spotify sur ordinateur les chansons écoutées, ce qui permet de les réécouter plus tard sans avoir besoin d’une connexion 3G ou WiFi. De la vraie musique en mobilité, sans besoin de stocker des gigaoctects de données.

Spotify libère ainsi l’écoute impulsionnelle de la musique. Tous ces airs musicaux qui nous passent par la tête dans une journée peuvent maintenant être instantanément joués, où nous voulons, quand nous voulons. Cela donne des usages intéressants. Par exemple vous voulez zapper un morceau ringard dans une soirée, hop vous branchez votre casque, et vous voilà en train d’écouter le morceau qui vous passe par la tête à ce moment-là. Plus loin, la soirée devient carrément ennuyeuse, vous connectez votre téléphone portable à la chaîne Hifi, et vous voilà en train de prendre en main la programmation (pour ce dernier usage, il faudra quand même que la sortie audio des smartphones gagne en puissance). Dommage que l’application pour mobile ne permette pas encore de publier sur les réseaux sociaux le titre d’une chanson, contrairement à la version de Spotify sur ordinateur.

Spotify apparaît aujourd’hui comme la référence pour le streaming musique mobile, et est entrée malgré elle  sur le territoire d’iTunes. La jeune société fait ainsi partie des nombreux acteurs qui retiennent leur souffle depuis le lancement de l’iPad et la position renforcée d’Apple en tant que société intégrée de loisirs numérique (matériels, logiciels/plateforme, prescription du modèle économique de diffusion des contenus).

Consciente du tsunami marketing qu’elle va devoir affronter, la jeune société a commencé à  diffuser ses premières publicités à la télé fin 2009, sortant du seule registre de la propagation virale de son application. Spotify vient par ailleurs d’ouvrir son service à tous les utilisateurs français qui le souhaitent. Il fallait auparavant être invité par un ami pour accéder au service. Souhaitons bonne chance à cette startup ingénueuse.

11 questions techno pour 2010

Un bon marronnier de début d’année: la liste des questions qui définiront les contours de l’actualité techno.

  1. La tablette tactile d’Apple va-t-elle emporter nos dernières résistances?
    2010 sera-t-elle l’année des tablettes et du multi-touch? (Apple, Archos, E-books, Orange, Windows 7 à vos marques!) ou le clavier a-t-il des beaux jours devant lui (Nokia, BlackBerry, HTC)?
  2. Le téléphone mobile sera-t-il le support de choix pour écouter la musique “où tu veux, quand tu veux”? (moyennant un forfait data illimité :-( ) ?
  3. 2010 verra-t-elle l’essor du livre numérique (E-books) ?
  4. Nokia, premier fabricant au monde de téléphones mobiles, parviendra-t-il à limiter la hype et le buzz suscités par les plateformes mobiles iPhone et Android?
  5. Chrome OS va-t-il bouleverser le paysage des Netbook, et celui de l’informatique en général?
  6. Tout un chacun aura-t-il sa radio Internet (comme aujourd’hui tout le monde a son blog) et la radio numérique terrestre sera-t-elle bien lancée fin 2010?
  7. Le streaming aura-t-il tué le bon vieux téléchargement?
  8. Bing parviendra-t-il a éroder la part de marché de Google?
  9. Facebook parviendra-t-il à sortir de la sphère privée pour rejoindre Twitter sur la place publique?
  10. Free lancera-t-il son offre fibre optique-pour-les-anciens-abonnés avant son offre 3G?
  11. Serons-nous tous dans les nuages (in the cloud)?