Archive for the ‘Cloud Computing’ Category

Chrome OS, Google rebranche l’ordinateur portable

Jeudi, mai 12th, 2011

L’ordinateur portable n’est pas tout à fait mort, pas encore enterré par les tablettes tactiles. Le châssis bouge encore, dessiné par Samsung et Acer, Google inside, Chrome OS plus précisément, le système d’exploitation qu’un article de Slate US destinait à un échec rédhibitoire… Quasiment 3 ans après avoir lancé le navigateur Chrome, la brique centrale de sa stratégie d’informatique dans les nuages, Google vient d’annoncer le lancement officiel de son système d’exploitation le 15 juin, préchargé sur des ordinateurs portables.

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Fin 2010, le géant de la recherche avait envoyé des ordinateurs de tests à plusieurs centaines de testeurs. Depuis, de nombreuses mises à jour, basées sur les retours utilisateurs, ont permis de corriger les bugs, d’améliorer l’expérience utilisateur, et d’optimiser les configurations matérielles… Les Mises à jour vont d’ailleurs continuer, à échéances régulières. Ça vous rappelle quelque chose? Oui, le mode de développement du logiciel libre, Linux notamment.

Le modèle de développement et de lancement de Chrome OS, préchargé sur des ordinateurs nommés “Chromebooks”, s’inspire en fait de plusieurs modèles qui ont fait leur la preuve de leur succès ces dernières années.

1. Le développement en mode logiciel libre, c’est à dire l’implication d’une communauté de développeurs et d’utilisateurs dans la fabrication d’un outil informatique
2. La commercialisation, popularisée par Microsoft, d’un système d’exploitation avec les ordinateurs qu’il anime, avec ici une intégration plus poussée, car c’est Google qui a imposé les spécifications matérielles des machines
3. La disponibilité d’une boutique en ligne d’applications, popularisée par l’Appstore d’Apple

En lançant Chrome OS il y a 3 ans, Google défendait une vision selon laquelle le système d’exploitation c’est l’Internet! L’entreprise est en train de réaliser cette vision sous nos yeux. Apple, avec son iPad, défend aussi à cette vision. Mais la firme à la pomme a décidé de placer iTunes, entre nous et le Web. Et l’iPad n’a pas été conçu comme un outil de productivité. Des applications métiers peuvent l’y aider, mais c’est d’abord un super appareil pour la consommation de médias, un mini media center.
Avec Chrome OS, Google nous montre que nous aurons peut-être encore besoin des ordinateurs portables pour être productifs.

Ce que promet Google avec ces nouvelles machines:

1. Toutes les applications dans les nuages. Le géant de la recherche peut s’appuyer pour cela sur les applications populaires qu’il a créées ces dernières années… Gmail, Google Docs…
2. La possibilité de travailler en mode déconnecté, et de synchroniser quand une connexion est disponible
3. Des ordinateurs légers-puissants, qui démarrent en 8 secondes, mazette (comme une tablette tactile?)
4. Le stockage en ligne (les vendeurs de disque durs vont devoir se reconvertir?)

Alléchant tout ça. Google semble ainsi en passe de réussir là où de nombreux acteurs ont échoué à proposer une alternative de masse à Windows… L’entreprise pousse l’offensive jusqu’à la mise en place de plans d’abonnements, avec des forfaits mensuels comme dans la téléphonie mobile, destinés prioritairement aux étudiants et aux entreprises; de nombreuses PME devraient se laisser séduire, et sans doute des collectivités territoriales et des administrations aussi.
On verra si à la rentrée prochaine les étudiants se ruent sur des portables Chrome OS, et si à Noël prochain, ces portables nouvelle génération tiennent tête aux tablettes tactiles…

Plan média: Google et Microsoft font leur (pub) cinéma

Jeudi, décembre 9th, 2010

Je n’avais jamais vu de pub Google au cinéma (vous non plus j’imagine), ni à la télé d’ailleurs (il paraît qu’il y en a une qui est passée récemment, sans doute la même). Le géant de la recherche continue d’investir les moyens traditionnels de publicité, depuis l’apparition du navigateur Chrome sur les affiches du métro parisien et dans les magazines français; c’était cette année ou il y a déjà un an? Cette prise de parole dans les médias de masse traditionnels se fait à chaque fois avec un impact certain, puisque nous ne sommes pas habitués à voir Google communiquer sur ces supports.

La dernière pub cinéma du moteur de recherche, très efficace, est influencée par le dépouillement caractéristique du design Google. Elle est composée uniquement d’animations reproduisant des recherches sur le moteur, et entend nous rappeler que Google nous accompagne à toutes les étapes de la vie… Premier boulot, première rencontre, première naissance… un peu sur le modèle de cette pub célèbre de compagnie d’assurance qui voulait montrer qu’elle s’occupait de nous tout au long de la vie. Avec cette fameuse musique, vous vous souvenez… “taaataaatatataaaa tattatatata tatataaaaattaa” :) Bon je vous aide, il s’agit de la Suite jazz n° 2, valse n° 2 de Dimitri Chostakovitch (CNP Assurances).
Dans cette pub Google, on reconnaît un moment le bruit d’un TGV qui passe, petit clin d’oeil au rôle de la SNCF dans notre quotidien, et pub gratuite au passage, “merci Google” pourrait dire la société nationale des chemins de fer.

L’autre publicité qui a fait parler récemment est celle de Microsoft pour sa nouvelle plateforme mobile, Windows Phone 7. Beaucoup n’ont pas compris le slogan “les téléphones qui nous font décrocher du téléphone”. Lancé sur le mode teasing il y a quelques semaines, ce slogan est illustré dans les pubs cinéma et télé. On finit par comprendre que ces nouveaux téléphones sont tellement fluides/organisés qu’ils nous font gagner du temps pour la vraie vie… ah… le cheminement est un peu tortueux tout de même. Une chose est vraie cela dit, c’est l’impression de vitesse/fluidité qui se dégage effectivement de ces nouveaux téléphones.
Cette publicité pour les Windows Phone s’intègre dans les prises de parole successives qui ont jalonné l’année 2010: Windows 7, nouvelle version de Hotmail (avec campagne d’affichage dans le métro) et pour finir, “Destination le Cloud” pour populariser la notion d’informatique dématérialisée.

Au jeu des pubs cinéma, petit avantage pour Google, en partie à cause de l’effet de surprise - nous ne sommes pas habitués à voir des pubs Google au cinéma/à la télé (contrairement aux pubs Microsoft) - et aussi parce que cette publicité transporte une certaine charge émotionnelle à partir de moyens très simples, des captures d’écran accompagnées par une bande sonore. Mais comme on l’a vu le dispostif lui-même n’est pas original.

Je n’ai pas encore vu de pub Apple au cinéma en cette fin d’année. La firme à la pomme se réserve-t-elle pour le lancement de l’iPad 2 en janvier prochain? Quant au réseau social Facebook, on sait qu’il n’avait pas besoin de plan média cinéma, puisque le réalisateur David Fincher s’en est chargé, dans son film très inspiré, “The Social Network”.

Spotify, le service de référence pour le streaming musique sur mobile pour combien de temps?

Dimanche, février 7th, 2010

Parmi les attentes suscitées par le buzz précédant l’annonce de l’iPad, il y avait l’éventualité qu’Apple, après son rachat de la startup Lala, spécialisée en streaming musique, dévoile une nouvelle version d’iTunes permettant notamment d’écouter une bibliothèque musicale entière en mobilité. Aujourd’hui iTunes est essentiellement tourné vers le téléchargement payant à l’acte. Mais il semble que l’annonce de cette nouvelle mue soit réservée pour plus tard, peut-être à l’occasion d’une prochaine version de l’iPhone.

Spotify

Spotify

Il y a 2 ans, nous découvrions la possibilité de nous constittuer des playlists en streaming sur le Net, avec Deezer et Jiwa. Aujourd’hui, la même expérience s’est déplacée sur le mobile. Pour 10 euros par mois, Spotify permet d’écouter en streaming illimité sur mobile toutes les musiques que l’on souhaite, avec une expérience très fluide qui n’est pas sans rappeler celle d’iTunes sur certains points. Spotify a été suivi il y a quelques mois par Deezer avec une offre mobile Premium.
Une utilisation gratuite de Spotify est possible sur ordinateur, mais avec un flux musical qui peut être entrecoupé par de la publicité. Il faut bien vivre.

L’astuce technologique utilisée par Spotify est la possibilité de garder dans la mémoire cache du téléphone mobile ou du navigateur Spotify sur ordinateur les chansons écoutées, ce qui permet de les réécouter plus tard sans avoir besoin d’une connexion 3G ou WiFi. De la vraie musique en mobilité, sans besoin de stocker des gigaoctects de données.

Spotify libère ainsi l’écoute impulsionnelle de la musique. Tous ces airs musicaux qui nous passent par la tête dans une journée peuvent maintenant être instantanément joués, où nous voulons, quand nous voulons. Cela donne des usages intéressants. Par exemple vous voulez zapper un morceau ringard dans une soirée, hop vous branchez votre casque, et vous voilà en train d’écouter le morceau qui vous passe par la tête à ce moment-là. Plus loin, la soirée devient carrément ennuyeuse, vous connectez votre téléphone portable à la chaîne Hifi, et vous voilà en train de prendre en main la programmation (pour ce dernier usage, il faudra quand même que la sortie audio des smartphones gagne en puissance). Dommage que l’application pour mobile ne permette pas encore de publier sur les réseaux sociaux le titre d’une chanson, contrairement à la version de Spotify sur ordinateur.

Spotify apparaît aujourd’hui comme la référence pour le streaming musique mobile, et est entrée malgré elle  sur le territoire d’iTunes. La jeune société fait ainsi partie des nombreux acteurs qui retiennent leur souffle depuis le lancement de l’iPad et la position renforcée d’Apple en tant que société intégrée de loisirs numérique (matériels, logiciels/plateforme, prescription du modèle économique de diffusion des contenus).

Consciente du tsunami marketing qu’elle va devoir affronter, la jeune société a commencé à  diffuser ses premières publicités à la télé fin 2009, sortant du seule registre de la propagation virale de son application. Spotify vient par ailleurs d’ouvrir son service à tous les utilisateurs français qui le souhaitent. Il fallait auparavant être invité par un ami pour accéder au service. Souhaitons bonne chance à cette startup ingénueuse.

11 questions techno pour 2010

Dimanche, janvier 17th, 2010

Un bon marronnier de début d’année: la liste des questions qui définiront les contours de l’actualité techno.

  1. La tablette tactile d’Apple va-t-elle emporter nos dernières résistances?
    2010 sera-t-elle l’année des tablettes et du multi-touch? (Apple, Archos, E-books, Orange, Windows 7 à vos marques!) ou le clavier a-t-il des beaux jours devant lui (Nokia, BlackBerry, HTC)?
  2. Le téléphone mobile sera-t-il le support de choix pour écouter la musique “où tu veux, quand tu veux”? (moyennant un forfait data illimité :-( ) ?
  3. 2010 verra-t-elle l’essor du livre numérique (E-books) ?
  4. Nokia, premier fabricant au monde de téléphones mobiles, parviendra-t-il à limiter la hype et le buzz suscités par les plateformes mobiles iPhone et Android?
  5. Chrome OS va-t-il bouleverser le paysage des Netbook, et celui de l’informatique en général?
  6. Tout un chacun aura-t-il sa radio Internet (comme aujourd’hui tout le monde a son blog) et la radio numérique terrestre sera-t-elle bien lancée fin 2010?
  7. Le streaming aura-t-il tué le bon vieux téléchargement?
  8. Bing parviendra-t-il a éroder la part de marché de Google?
  9. Facebook parviendra-t-il à sortir de la sphère privée pour rejoindre Twitter sur la place publique?
  10. Free lancera-t-il son offre fibre optique-pour-les-anciens-abonnés avant son offre 3G?
  11. Serons-nous tous dans les nuages (in the cloud)?

Pourquoi le système d’exploitation de Google ne sera pas forcément un bide comme le dit Slate.com

Mardi, août 4th, 2009

Le 7 juillet dernier Google a officiellement confirmé ce que le lancement du navigateur Chrome laissait percevoir: la préparation d’un système d’exploitation maison par la plateforme de référence pour la recherche sur Internet.

De nombreux commentateurs, y compris votre serviteur, avaient alors décrit Chrome comme l’embryon de l’OS Google, et l’entreprise elle-même précisait dans son communiqué, à travers un savoureux jeu de mots lancé à Microsoft, que Chrome était “The window to the Web”, la fenêtre sur l’Internet… suivez mon regard :)

A la suite de cette annonce, le site Slate – que j’apprécie beaucoup par ailleurs -, par la plume d’un de ses chroniqueurs, a quasiment enterré le futur OS par un article repris sur la version française du site, Slate.fr: “L’OS de Google sera un bide“. Voir la version anglaise.
Bien sûr cela fait partie de la stratégie éditoriale de Slate que de publier des grands papiers polémiques destinés à susciter des commentaires de scribes comme moi :) , mais cet article est sérieux et il mérite d’être nuancé. Techcrunch, par exemple, considère que l’annonce de Google a fait l’effet d’une “bombe nucléaire“. A relativiser, car la bombe était plutôt l’annonce du navigateur Chrome l’année dernière. L’officialisation  de Chrome OS serait plutôt une “bombinette”. Jean-Louis Gassée, du blog Mondaynote, un des observateurs les plus avertis du marché des systèmes d’exploitation, offre un commentaire assez partagé, entre doutes (sur l’aspect uniquement tactique de cette annonce) et intuition que Google est en train de se transformer en Microsoft 2.0. Le blog Mondaynote offre d’ailleurs un ensemble d’articles très instructifs sur la bataille du Cloud computing.

Face aux 5 raisons listées par Farhad Manjoo pour ne pas croire dans le futur système d’exploitation de Google, on peut opposer au moins 5 arguments contraires:

  1. Contrairement à Linux, qui échoue à être un système d’exploitation grand public, parce qu’il n’y a pas unité de vision et de stratégie commerciale à travers les multiples sociétés qui en développent une version, le futur système d’exploitation Google, basé sur Linux,  sera édité par une des plus grandes sociétés informatiques au monde, disposant de budgets R&D  et marketing plus que significatifs.
  2. En lançant Chrome, le navigateur nouvelle génération, Google signifiait une vision stratégique selon laquelle les positions du marché informatiques ne pouvaient pas être changées tant que des compétiteurs ne seraient pas en mesure de proposer un système d’exploitation – à la fois crédible et populaire – alternatif à Windows. Google a commencé à déployer cette stratégie sur le mobile, un marché plus ouvert que celui du Desktop, mais avec en ligne de mire de passer sur le marché de l’ordinateur de bureau à un moment donné.
  3. L’expérience du mobile, qui a vu des opérateurs comme Orange ou SFR, des fabricants comme Samsung ou HTC, intégrer l’OS Android de Google, se reproduira sur plateforme Netbook. Google, outre l’arme du budget et du savoir-faire marketing, bénéficiera donc du facteur clé de succès qui est l’écosystème matériel et logiciel entourant le futur système d’exploitation, en un mot le nombre de grands noms de l’informatique qui adopteront rapidement et massivement ce système d’exploitation.
  4. On peut donc faire le pari que, parce qu’il s’agit justement de Google, une des plus grandes sociétés actuelles d’informatique grand public – parmi les rares capables de rivaliser avec Microsoft -, des acteurs comme Acer, HP ou Sony n’hésiteront pas à proposer au grand public des ordinateurs intégrant l’OS Google.
  5. Contrairement à ce qui est avancé dans l’article de Slate, Linux existe maintenant depuis plus de 20 ans et est devenu un système d’exploitation plus que mature, conçu pour l’Internet et qui bénéficie d’applications de bureautiques robustes, compatibles avec Windows, comme la suite Open Office. Google avec son système aura sans doute pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateur Linux.
  6. Finalement une 6ème raison: et si l’informatique de demain était encore plus micro que micro: Netbooks, smartphones, montres-ordinateurs… un système conçu dès le départ pour ces plateformes ne serait pas idiot.

Bing devient le premier des moteurs de recherche grand public à inclure un comparateur de prix voyages

Dimanche, juin 21st, 2009

Lors du lancement de Bing début juin, je m’étonnais que les fonctionnalités comparateur de prix du nouveau moteur de Microsoft se limitent à un partenariat avec le guide d’achat en ligne Ciao, Bing se contentant de passer la requête de l’internaute à un pure player de la comparaison. C’est encore le cas aujourd’hui sur la version française de Bing, mais la version américaine du moteur intègre à présent un véritable comparateur de prix billets d’avions et hôtels.

Que la fonctionnalité comparateur de prix n’ait pas encore été intégrée par la plupart des grands moteurs est surprenant, notamment pour le domaine du voyage qui génère un nombre pharaonique de requêtes, car nous cherchons tous, surtout en temps de crise, à obtenir des prix optimisés pour nos départs en vacances.

Bing Travel propose des outils inédits comme la prédiction d’évolution de prix sur un trajet, la possibilité de simuler plusieurs critères en même temps comme les prix d’avions et les hôtels, ou les informations sur le statut d’un vol. Microsoft a clairement décidé d’occuper une position de choix sur ce créneau laissé relativement vierge par ses concurrents. Les bonnes relations  avec Expedia, Orbitz et Travelocity lui permettent de fournir aux internautes une base de recherche conséquente.
On peut regretter à ce stade qu’il faille passer par les formulaires de l’interface pour obtenir des réponses, et qu’une requête en langage naturel, du type “New york Paris” n’affiche pas une première réponse pertinente en terme de trajet. L’internaute étant déjà présent dans la chaîne Voyage, on peut en déduire qu’une telle requête concerne des trajets plutôt qu’une question générale sur ces 2 villes. A la limite peut-on concevoir que des informations de type guide touristique peuvent l’intéresser, mais à la marge, en complément de la requête principale. Dans un tel exemple, après avoir affiché le meilleur prix, le moteur pourrait afficher des filtres ou des critères permettant à l’internaute de préciser son besoin.

Bing Travel rend encore plus concret la promesse de Microsoft de proposer un moteur d’aide à la décision, et enrichit le feuilleton marketing mis en place par l’entreprise pour soutenir le rebranding de son activité moteur. TechCrunch voit d’ailleurs dans l’orchestration marketing un des points forts de ce lancement.

Petite question pour finir, à  quand un comparateur de prix lancé par un groupement d’agences de voyages? Au vu de la pression que les comparateurs exercent sur leurs marges, et de la position stratégique qu’ils occupent dans le processus de décision des consommateurs, une réflexion sur le lancement d’un moteur neutre par plusieurs agences de voyages n’est pas absurde. Resterait justement à établir cette neutralité et à offrir aux internautes une expérience utilisateur meilleure que celle proposée par Liligo, Easyvols, GoVoyages Voyagermoinscher ou Bing.

Bing/Wave: quand les annonces de Microsoft et Google se répondent

Lundi, juin 1st, 2009

La semaine dernière Microsoft espérait sans doute s’octroyer les feux de l’actualité technologique avec l’annonce de son nouveau moteur de recherche, Bing. C’était sans compter Google, qui a lancé sune nouvelle application, Wave, un mix entre Outlook et Groove (l’outil collaboratif de Microsoft). Avis aux agences spécialisées dans le nommage, dans l’année qui vient tout le monde vous commandera des noms en 1-2 syllabes maxi :)

Bing, promis pour être accessible le 3 juin, est déjà accessible ce lundi 1er juin: http://www.bing.com, et j’y ai lancé quelques requêtes.

Même si Wave semble avoir remporté le match des retombées presse, on peut avancer que Microsoft a réussi son coup. En effet, cela faisait longtemps que la presse technologique n’avait pas massivement mentionné des avancées dignes d’intérêt sur le marché de la recherche, en provenance d’un autre acteur que Google.

Microsoft aura moins réussi à susciter la curiosité, à créer du buzz, et à amener des habitués du moteur Google comme moi à chercher des infos sur Bing, et au final à le tester. La société présente cette application comme un moteur d’aide à la décision. Plutôt que donner accès au luxe de liens que fournit Google (et dont nous ne consultons qu’une infime partie), il prétend nous simplifier le travail, et circonscrire le cercle de la pertinence… très alléchant. Dans un contexte où nous sommes noyés par le volume d’informations disponibles sur Internet, promettre aux internautes qu’on leur simplifiera le choix est une promesse marketing bienvenue.

Avant l’utilisation du moteur, on perçoit aussi vaguement, à travers la vidéo de lancement et à travers ce que la presse en dit, que Bing serait un croisement entre un moteur de recherche et un comparateur de prix… Vu de ma fenêtre, ce serait du nouveau, et là aussi c’est alléchant.

Après mes premières requêtes, mes impressions sur Bing:

1. Le design du moteur est réussi, il se différencie en tout cas des interfaces très dépouillées d’images qui se sont généralisées récemment pour les moteurs. L’interface de Bing est structurée une très belle image d’arrière plan qui habille toute la page, et qui véhicule une dimension aspirationnelle dans la recherche d’informations. Fait nouveau, pour un usage Internet, très banalisé aujourd’hui. Il s’agit là d’un petit pari.

2. En fait de croisement entre moteur de recherche et comparateur de prix, Bing se contente simplement de passer la requête à des guides de consommation en ligne comme Ciao… Avis aux amateurs: il y a encore un créneau pour inventer un moteur de recherche qui soit aussi un comparateur de prix…

Autre petite déception, contrairement à Google et Yahoo, Bing n’a toujours pas repéré ce blog; en tout cas il ne le place pas sur la première page des résultats quand on rentre le nom de votre serviteur.

Venons-en maintenant à Wave. Comme la plupart des technophiles, je me suis précipité sur la vidéo qui fait la démonstration de cette nouvelle application. A ce stade, Je suis moins transporté que l’assistance de la démonstration, qui a, paraît-il, réservé une standing ovation aux présentateurs.

Pour ce que j’en perçois à ce stade, Wave unifie tous les outils de communication (mail, chat) et de collaboration (Wiki, espaces collaboratifs) utilisés dans l’entreprise. Il leur ajoute en outre une dimension réseau social. Wave propose donc de retrouver dans une seule application toute l’expérience dont nous pouvions bénéficier dans l’entreprise en agrégeant ou en faisant intégrer sur mesure des outils différents. C’est le portail d’entreprise 2.0 d’aujourd’hui, intégrant des outils conviviaux comme la reconnaissance vocale. C’est un gain fantastique!, mais , lorsqu’on ne l’a pas testé, ça ne semble pas totalement révolutionnaire. Vivement le test donc.

Le réseau social selon Yahoo?

Samedi, mai 9th, 2009

On pouvait lire récemment dans la presse que Yahoo, par la voix d’un de ses porte-parole, avait affirmé que le portail est intéressé par le développement des réseaux sociaux. Le contraire aurait été étonnant. Yahoo a été le premier acteur “historique” de l’Internet à faire une proposition de rachat de Facebook. C’était en 2006, il a ensuite été suivi par Google et Microsoft.

Impossible pour ces acteurs “historiques” de ne pas avoir une stratégie réseau social. Depuis 3 ans, ce type de réseau est devenu le nouveau paradigme de l’expérience utilisateur Internet. C’est aujourd’hui le format par excellence des communications sur le Web, un peu comme l’association portail+pages persos, était le paradigme à la fin du siècle précédent (et oui nous avons changé de siècle). Tout acteur qui a pour ambition de devenir le point d’entrée principal (et de rétention) sur Internet se doit de faire évoluer sa proposition éditoriale pour prendre en compte la dimension sociale.

Ce qui surprend dans le succès de Facebook ces dernières années, c’est que, en dehors des flux d’activités, ce succès est basé sur des fonctionnalités et des contenus que les acteurs historiques offraient déjà à leurs utilisateurs.

A titre personnel, je dispose d’une adresse mail Yahoo depuis la fin des années 90. Je suis donc exposé depuis plus de 10 ans à l’évolution de l’offre de contenus de ce portail. Si on prend les applications les plus utilisées aujourd’hui sur Facebook, encore une fois en dehors du flux d’activité, Yahoo les propose toutes depuis plusieurs années: messagerie, publication de photos, page personnalisée, chat, gestion de groupes et de listes de diffusion, vidéos…

J’utilise massivement la messagerie Yahoo, mais en dehors de la fonctionnalité de gestion de liste de diffusion, pratiquée il y a quelques années, je n’ai utilisé que très ponctuellement les autres services. Sur plus de 10 ans, je n’ai utilisé qu’1 à 2 fois la fonction chat de Yahoo. Essentiellement parce que Skype est mon logiciel de chat favori, et que je conçois – peut-être cela changera-t-il sous l’influence de mon expérience avec Facebook – ma session mail Yahoo comme quelque chose de relativement privé, et qui n’a pas à être “partagé” avec mon réseau d’amis. Partagé dans le sens où, je n’ai pas forcément envie que mon carnet relationnel sache que je suis en ligne au moment où je lis mes mails.

Qu’est-ce qui explique donc que Facebook ait suscité un nouvel engouement pour ces services, alors que Yahoo en disposait avant? Si cela ne vient pas des contenus eux-mêmes, c’est qu’il s’agit d’autre chose. Facebook l’a emporté sur la scénarisation de tous ces contenus et sur leur intégration. Facebook, Frienfeed, Bebo, Twitter, ces services Web nouvelle génération, offre une manière nouvelle de scénariser les contenus Web et l’expérience utilisateur.

Ce qu’on apelle la dimension sociale, qui par bien des aspects est une dimension communautaire, existait bien avant 2004, l’année de l’ouverture de Facebook à tous. L’année 2000 a vu une explosion de sites communautaires, dont les guides de consommation basés sur des opinions et des avis consommateurs, tels que epinions.com ou dooyoo.fr, auquel j’ai collaboré. Il y a d’ailleurs a un retour en force de ces contenus communautaires, tous les éditeurs de sites ayant décidé d’exploiter les contenus générés par les utilisateurs (UGC). Le secteur du voyage est un des plus actifs sur ce créneau avec des sites comme voyazine.voyages-sncf.com, Bluenity, TripAdvisor, Routard, ou VibeAgent.

Comment se mettre au goût du jour pour Yahoo? Comme tous les autres poids lourds, il n’a évidemment pas attendu cette chronique pour penser et tenter de mettre en oeuvre une évolution de son menu éditorial. La tentative de rachat de Facebook était déjà une première réponse, maligne et réactive. AOL semble mener avec doigté une telle stratégie, à travers son rachat du réseau social Bebo et son intégration avec les services maison les plus populaires. Nous en parlerons plus tard.

En dehors du rachat/intégration d’un réseau social d’envergure, l’autre approche consiste à modifier la scénarisation des contenus sur le portail. Ceci implique une nouvelle hiérarchisation des services, des modifications ergonomiques et la capacité à ouvrir le portail sur toutes les innovations de l’Internet, y compris si elles viennent d’éditeurs tiers. C’est la stratégie appliquée par Google, après le constat d’un rapprochement impossible avec Facebook. Il se murmure d’ailleurs que Twitter serait la nouvelle cible du moteur de recherche.

En termes d’expérience utilisateur, Yahoo pourrait tenter par exemple d’activer automatiquement les sessions chat de ses utilisateurs, comme le font Facebook et Google Mail. C’est une manière de forcer la main des utilisateurs, qui pourraient protester, mais on peut faire le pari que le succès des réseaux sociaux de dernière génération contribue à modifier l’attitude des utilisateurs face à une telle situation.

Le réseau social selon Google: iGoogle

Vendredi, avril 3rd, 2009

Je vous avais promis récemment d’investiguer ce que serait la réaction de MSN et Yahoo face au développement fulgurant de Facebook. Cela viendra bientôt, mais faisons d’abord un détour par Google. Car s’il y a bien un acteur de premier plan du marché Internet qui avait lancé son réseau social il y a déjà 4-5 ans, c’est Google. Ce réseau existe toujours et il s’appelle Orkut. Or… quoi? Orkut. Vous n’en avez pas souvent entendu parler car il y a 5 ans Google avait choisi de le lancer sur la pointe des pieds, un peu sur le mode réseau d’initiés. Je me souviens qu’un collègue chez Mandriva m’avait co-opté à un moment, mais je ne sais plus si j’avais répondu. Tiens encore un réseau à rajouter à ma liste de réseaux sociaux auxquels je ne me suis pas abonné. Mais promis j’activerai un compte Orkut prochainement pour les besoins de la comparaison.

On peut ainsi dire que si un acteur est passé à côté de la vague réseau social alors qu’il avait les cartes en mains au départ c’est Google. Sans doute l’entreprise n’avait-elle pas prévu que le phénomène se développerait aussi rapidement ces 2 dernières années.

Alors comment rattrape-t-elle son retard aujourd’hui? Sa stratégie semble basée sur 2 piliers: OpenSocial, un ensemble de spécifications ouvertes pour les réseaux sociaux, et iGoogle, son système de gestion de page personnalisée (le ”petit” camarade de Netvibes :)   ).  Lire ce qu’en pense Techcrunch.

Nous parlerons plus tard de OpenSocial, une alliance imaginée par Google pour empêcher que le marché du réseau social ne soit verrouillé par… Facebook notamment, en permettant à tous les contenus sociaux de communiquer entre eux.

La réponse frontale de Google à Facebook n’est pas basée sur son réseau social maison, Orkut, qui ne bénéficie pas de la notoriété de la star des réseaux sociaux, mais sur iGoogle qui est la version personnalisée du moteur de recherche Google, avec les contenus qui vous sont les plus chers. Or le moteur de recherche est le service le plus visité de Google, celui qui est devenu un passage obligé au moins une fois par jour pour tous ceux qui sont connectés.

Bien qu’ayant entendu le nom iGoogle depuis plus d’un an, je n’ai remarqué le service que fin 2008, lorsque j’ai vu sur mon ordinateur, au travail, que Google me proposait par défaut la version personnalisée du moteur de recherche… ce qu’il ne fait pas sur mon ordinateur à la maison. C’est qu’au travail, il a repéré que j’utilisais au moins 3 services Google: le mail, la gestion de campagne de liens sponsorisés, et Google Analytics (l’analyse de statistiques Web). Or Google permet aujourd’hui à partir d’une seule connexion d’accéder à tous les services et contenus maison, le tout pouvant être synthétisé sur votre page iGoogle (via des widgets)… un peu comme Facebook vous permet d’accéder à tous les contenus du Web… “Remix the  Web” quoi, comme dirait Netvibes… Avec iGoogle, vous pouvez chatter avec vos amis via Google Talk (dans la même page que celle du moteur de recherche) et vous pouvez suivre leurs flux d’activité/statuts via des applications tierces.

Google utilise ainsi la popularité de son moteur de recherche pour lier tous ses services entre eux et y ajouter la dimension  “sociale”. Viendra bientôt le temps d’inclure les fonctionnalités restantes de Orkut dans iGoogle, et de faire disparaître cette marque peu connu du grand public, au moins en Europe et aux Etats-Unis.

Amazon transforme l’iPhone en lecteur de livre numérique (aux Etats-Unis)

Dimanche, mars 8th, 2009

Depuis 2000 et la bulle Internet, plusieurs sociétés se sont lancées sur le marché du livre numérique en créant des appareils dédiés, les fameux e-books. La plupart de ces appareils ont échoué. Un des marronniers marketing de cette aventure technologique contratriée est le lancement lors des salons du livre successifs de nouveaux ebooks: Cybook, Cytale, E-reader de Sony (l’année dernière)… Jacques Attali, une de nos gloires nationales, aujourd’hui partie prenante dans l’aventure slate.fr, s’était associé au lancement d’un modèle de e-book. Là ausssi sans succès.

Les premiers lecteurs de livre numérique ont échoué pour au moins 2 raisons. La première est notre attachement irréductible au livre papier, support avec lequel une relation d’intimité peut se construire, et média qui offre des possibilité en termes de représentation sociale qu’un appareil numérique aussi pauvre fonctionnellement que les premiers e-book ne pouvaient pas égaler. La deuxième raison est  la multiplication des écrans concurrents (Lecteur MP3/vidéo, Lecteur DVD portable, Consoles de jeux portable), dont le téléphone portable, une sorte de doudou numérique qui nous accompagne partout, et qui, lui, est connoté affectivement.

Les smartphones, sous Symbian, Windows Mobile, Linux ou Apple, sont les lecteurs numériques d’aujourd’hui. Avec un marché réeel. L’iPhone compte par exemple 12 millions d’utilisateurs dans le monde. Bien, bien plus que le Kindle physique d’Amazon.

Amazon a lancé une première version de son Kindle en novembre 2007. Et il l’a récemment renouvelée. L’offre originale d’Amazon comprend pour sa partie matérielle un lecteur physique de la taille d’un livre de poche et, pour sa partie logicielle la possibilité de télécharger des livres dans l’immense catalogue de livres numérisés d’Amazon, ainsi que des abonnements à des journaux américains de premier plan (New York Times notamment). On peut aussi lire le premier chapitre de nouveaux livres!
En s’associant à l’iPhone, Amazon lance une version exclusivement logicielle de son offre.

Lire l’article du blog technologique Techcrunch

Amazon a choisi l’Apple et l’iPhone pour une raison bien précise. Apple est un des rares acteurs technologiques du marché des loisirs numériques à avoir trouvé une stratégie gagnante pour monétiser des contenus dématérialisés. En effet, Après avoir dynamité le marché de la musique en ligne en changeant les règles du jeu à son compte, Apple s’est attaqué au marché des smartphones (téléphones intelligents) avec un très grand succès, l’iPhone étant en passe de devenir un tube du niveau de l’iPod.
A chaque fois, Apple a construit son succès autour d’une offre close (pas de possibilité pour l’utilisateur de modifier les paramètres techniques) et de sa boutique en ligne, l’Apple Store, qui allie à la fois expérience utilisateur de pointe et obsession du tiroir-caisse. A titre d’exemple, lorsque vous tentez de vous abonner à une offre gratuite Apple (MobileMe au hasard), soyez sûr que la boutique vous a à l’oeil et que votre numéro de carte-bleu sera demandé pour pouvoir accéder à l’offre gratuite… Sur un autre plan, il est aujourd’hui impossibe pour un éditeur tiers d’application d’être présent sur l’iPhone sans être référencé sur la boutique Apple.

J’avais été surpris quand j’ai appris l’été dernier qu’Amazon s’était lancé dans le matériel High Tech (Hardware) en sortant des e-books sous sa marque. Jusque là, Amazon avait acquis sa légitimité sur une maîtrise inégalée du l’expérience utilisateur Internet et de la logistique e-commerce.
L’annonce de son partenariat avec Apple, un autre géant de l’expérience utilisateur Internet depuis l’invention de iTunes, confirme que la stratégie Kindle d’Amazon est aussi bien logicielle (ventes de licences, partenariat) que matérielle (vente d’appareils dédiés en propre). Cette stratégie a d’ailleurs de fortes chances de devenir plus logicielle que matérielle, vu le potentiel des partenariats commerciaux et la multiplication des canaux de distribution de la technologie Kindle, en regard de l’emmerdement que représente la fabrication et la gestion de stocks de matériels. Mais peut-être qu’en 2020 nous aurons tous des livres numériques et que le lecteur associé sera devenu une commodité, comme les lecteurs MP3 aujourd’hui… en 2020.

Avec ce partenariat, Amazon renforce sa position de société incontournable sur le marché du livre numérique. Il se donne encore plus les chances de devenir le standard logiciel sur ce secteur, au moins pour le canal mobile. Après l’iPhone, Amazon réussira-t-il  à convaincre Sony, qui vient de lancer son E-reader, de faire une place au logiciel Kindle sur sa console de jeu portable, PSP? :) On peut en douter.

Le peu d’ouverture de la plateforme iPhone et le fonctionnement de ce téléphone comme une sorte de boîte noire qui se paramètre toute seule via le réseau mobile, avec impossibilité pour l’utilisateur de modifier la configuration, m’ont jusqu’ici détourné de l’acheter. Mais des applications comme Facebook ou Kindle pour iPhone sont en train de fluidifier mes objections…