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11 questions techno pour 2010

Dimanche, janvier 17th, 2010

Un bon marronnier de début d’année: la liste des questions qui définiront les contours de l’actualité techno.

  1. La tablette tactile d’Apple va-t-elle emporter nos dernières résistances?
    2010 sera-t-elle l’année des tablettes et du multi-touch? (Apple, Archos, E-books, Orange, Windows 7 à vos marques!) ou le clavier a-t-il des beaux jours devant lui (Nokia, BlackBerry, HTC)?
  2. Le téléphone mobile sera-t-il le support de choix pour écouter la musique “où tu veux, quand tu veux”? (moyennant un forfait data illimité :-( ) ?
  3. 2010 verra-t-elle l’essor du livre numérique (E-books) ?
  4. Nokia, premier fabricant au monde de téléphones mobiles, parviendra-t-il à limiter la hype et le buzz suscités par les plateformes mobiles iPhone et Android?
  5. Chrome OS va-t-il bouleverser le paysage des Netbook, et celui de l’informatique en général?
  6. Tout un chacun aura-t-il sa radio Internet (comme aujourd’hui tout le monde a son blog) et la radio numérique terrestre sera-t-elle bien lancée fin 2010?
  7. Le streaming aura-t-il tué le bon vieux téléchargement?
  8. Bing parviendra-t-il a éroder la part de marché de Google?
  9. Facebook parviendra-t-il à sortir de la sphère privée pour rejoindre Twitter sur la place publique?
  10. Free lancera-t-il son offre fibre optique-pour-les-anciens-abonnés avant son offre 3G?
  11. Serons-nous tous dans les nuages (in the cloud)?

Quand la presse redevient payante sur Internet grâce aux smartphones

Mercredi, décembre 9th, 2009

Certes des accès  payants des grands titres de la presse magazine et quotidienne existent sur Internet depuis la fin des années 90. Mais à part la consultation des archives, la plupart des journaux avaient fini par se  résigner à accorder un large accès gratuit à leurs articles… au nom de l’audience. Un titre phare comme Les Echos, un des rares à avoir tenu bon sur l’accès réservé aux abonnés et le paiement à l’acte sur ses articles, est revenu sur sa ligne en ouvrant plus largement l’accès à son contenu en 2008.

Depuis un an, et suite à la chute des revenus publicitaires, les éditeurs de presse ont été forcés de trouver d’autres sources de revenus pour équilibrer leurs comptes. Deux pistes sont alors apparues:

  1. Faire payer les lecteurs (comme pour la presse papier)
  2. Mieux faire contribuer les agrégateurs de news comme Google News, Yahoo News ou Bing, dont une partie significative de l’audience provient de l’agrégation d’actualités

Depuis fin 2008, de plus en plus de voix se sont élevées parmi les éditeurs pour souligner qu’il n’y avait point de salut hors la contribution monétaire des lecteurs. Une des premières voix a été celle de Frédéric Filloux, co-auteur du blog Monday Note (et ancien directeur des éditions électroniques de Libération), qui a montré dans ses billets comment la valeur des inventaires publicitaires Web des journaux avait fondu, et pourquoi le payant devait faire un retour en force.

Plus récemment, Rupert Murdoch, fondateur de News Corp, le plus grand éditeur mondial, a laissé entendre que la consultation de tous ses titres sur Internet va devenir payante. Il a fait pression sur Google News, un des agrégateurs les plus puissants, en menaçant de réserver le contenu de ses journaux à Microsoft,  son grand concurrent. D’autres éditeurs lui ont emboîté le pas sur la revendication d’un partage plus équitable des revenus avec les agrégateurs d’actualités. Rupert Murdoch semble avoir ainsi convaincu d’autres acteurs de le rejoindre dans son combat. Le groupe Axel Springer, le premier éditeur européen, vient de confirmer au Wall Street Journal, un des titres phares de News Corp, la nécessité de rendre payante la presse sur Internet.

Il semble que les éditeurs aient été entendu. Google vient de leur proposer des outils pour mieux gérer quels articles peuvent être référencés et à quelle fréquence ils peuvent d’être affichés par les internautes.

Une fois la position payante arrêtée, 2 questions se posent:

  • Comment faire payer techniquement?, car les sommes concernées par le paiement d’un article sont généralement minuscules
  • Quelle expérience utilisateur pour conforter la lecture payante?

Le succès de l’Apps Store, la boutique en ligne d’Apple, qui a installé de manière convaincante le concept d’application mobile payante (l’équivalent moderne du minitel :) — la tarification à la durée en moins), semble avoir apporté une réponse aux 2 questions. Après Le Parisien et Le monde, et dans la foulée de sa nouvelle formule très convaincante, Libération a ainsi lancé récemment une application iPhone, qui a eu un certain succès dans la blogosphère et les milieux technophiles.
Malgré son très grand succès, le problème de l’AppStore est qu’il est limité à la seule plateforme d’Apple. Qu’en est-il de la lecture depuis les autres smartphones?
La nouvelle Application Shop d’Orange, destinée à héberger des applications pour toutes les autres plateformes de smartphones, est peut-être la réponse.

Il semble ainsi que les smartphone (le téléphone mobile en fait) soient devenus la plateforme de choix permettant aux  éditeurs de maîtriser tous les aspects de la monétisation de leurs articles sur Internet, en rajeunissant leur audience au passage. Voir cet article du Monde sur le sujet.

Twitter conforte son statut de première source d’information temps réel grâce à Bing et Google

Jeudi, octobre 22nd, 2009

Microsoft et Google viennent de confirmer une rumeur qui circulait depuis quelques temps: les 2 moteurs de recherche indexeront le contenu des informations diffusées sur Twitter. Voir l’annonce sur le blog anglais de Google.

Dans le billet le fil AFP de monsieur tout le monde, je soulignais comment Twitter avait pris l’avantage sur Facebook en tant que source de veille “sérieuse”. En annonçant leur volonté de référencer les tweets de monsieur tout le monde, et donc en les légitimant, Google et Bing, les 2 moteurs de recherche de référence, viennent de donner un coup de pouce au petit poucet face au géant Facebook.

A noter quand même que Bing-Microsoft, qui a une nouvelle fois tiré avant Google nous apprend Techcrunch, annonce en même temps le référencement des informations temps réel de Facebook. Peut-être Google annoncera-t-il lui aussi le référencement de vos posts sur Facebook (à votre grande surprise sans doute), même si les 2 entreprises n’ont pas un relationnel aussi apaisé que Microsoft et Facebook.

Twitter devrait quand même garder l’avantage sur l’information en temps réel, parce que:

- Twitter diffuse plus d’informations publiques que Facebook, dont une bonne partie des conversations sont d’ordre privé

- Twitter est pour le moment l’interface la plus simple pour diffuser de l’information temps réel; le site a même été conçu pour ça

- Twitter est aujourd’hui l’outil de référence utilisé par les experts de tous milieux pour asseoir leur expertise. C’est donc le réseau qui devrait fournir les informations les plus utiles ou les plus pertinentes.

Pourquoi le système d’exploitation de Google ne sera pas forcément un bide comme le dit Slate.com

Mardi, août 4th, 2009

Le 7 juillet dernier Google a officiellement confirmé ce que le lancement du navigateur Chrome laissait percevoir: la préparation d’un système d’exploitation maison par la plateforme de référence pour la recherche sur Internet.

De nombreux commentateurs, y compris votre serviteur, avaient alors décrit Chrome comme l’embryon de l’OS Google, et l’entreprise elle-même précisait dans son communiqué, à travers un savoureux jeu de mots lancé à Microsoft, que Chrome était “The window to the Web”, la fenêtre sur l’Internet… suivez mon regard :)

A la suite de cette annonce, le site Slate – que j’apprécie beaucoup par ailleurs -, par la plume d’un de ses chroniqueurs, a quasiment enterré le futur OS par un article repris sur la version française du site, Slate.fr: “L’OS de Google sera un bide“. Voir la version anglaise.
Bien sûr cela fait partie de la stratégie éditoriale de Slate que de publier des grands papiers polémiques destinés à susciter des commentaires de scribes comme moi :) , mais cet article est sérieux et il mérite d’être nuancé. Techcrunch, par exemple, considère que l’annonce de Google a fait l’effet d’une “bombe nucléaire“. A relativiser, car la bombe était plutôt l’annonce du navigateur Chrome l’année dernière. L’officialisation  de Chrome OS serait plutôt une “bombinette”. Jean-Louis Gassée, du blog Mondaynote, un des observateurs les plus avertis du marché des systèmes d’exploitation, offre un commentaire assez partagé, entre doutes (sur l’aspect uniquement tactique de cette annonce) et intuition que Google est en train de se transformer en Microsoft 2.0. Le blog Mondaynote offre d’ailleurs un ensemble d’articles très instructifs sur la bataille du Cloud computing.

Face aux 5 raisons listées par Farhad Manjoo pour ne pas croire dans le futur système d’exploitation de Google, on peut opposer au moins 5 arguments contraires:

  1. Contrairement à Linux, qui échoue à être un système d’exploitation grand public, parce qu’il n’y a pas unité de vision et de stratégie commerciale à travers les multiples sociétés qui en développent une version, le futur système d’exploitation Google, basé sur Linux,  sera édité par une des plus grandes sociétés informatiques au monde, disposant de budgets R&D  et marketing plus que significatifs.
  2. En lançant Chrome, le navigateur nouvelle génération, Google signifiait une vision stratégique selon laquelle les positions du marché informatiques ne pouvaient pas être changées tant que des compétiteurs ne seraient pas en mesure de proposer un système d’exploitation – à la fois crédible et populaire – alternatif à Windows. Google a commencé à déployer cette stratégie sur le mobile, un marché plus ouvert que celui du Desktop, mais avec en ligne de mire de passer sur le marché de l’ordinateur de bureau à un moment donné.
  3. L’expérience du mobile, qui a vu des opérateurs comme Orange ou SFR, des fabricants comme Samsung ou HTC, intégrer l’OS Android de Google, se reproduira sur plateforme Netbook. Google, outre l’arme du budget et du savoir-faire marketing, bénéficiera donc du facteur clé de succès qui est l’écosystème matériel et logiciel entourant le futur système d’exploitation, en un mot le nombre de grands noms de l’informatique qui adopteront rapidement et massivement ce système d’exploitation.
  4. On peut donc faire le pari que, parce qu’il s’agit justement de Google, une des plus grandes sociétés actuelles d’informatique grand public – parmi les rares capables de rivaliser avec Microsoft -, des acteurs comme Acer, HP ou Sony n’hésiteront pas à proposer au grand public des ordinateurs intégrant l’OS Google.
  5. Contrairement à ce qui est avancé dans l’article de Slate, Linux existe maintenant depuis plus de 20 ans et est devenu un système d’exploitation plus que mature, conçu pour l’Internet et qui bénéficie d’applications de bureautiques robustes, compatibles avec Windows, comme la suite Open Office. Google avec son système aura sans doute pour objectif d’améliorer l’expérience utilisateur Linux.
  6. Finalement une 6ème raison: et si l’informatique de demain était encore plus micro que micro: Netbooks, smartphones, montres-ordinateurs… un système conçu dès le départ pour ces plateformes ne serait pas idiot.

Oublier Facebook?

Dimanche, juin 14th, 2009

Le Journal du Net, une des références du journalisme techno en France, proposait le mois dernier un excellent article sur “Ces réseaux sociaux qui résistent à Facebook“. Dans l’euphorie ambiante autour de ce réseau, on a effectivement tendance à oublier que d’autres plateformes lancées avant Facebook tirent encore leur épingle du jeu. De quoi conforter la volonté d’Orange de lancer son propre réseau social.

Parmi les réseaux cités, il y a notamment Orkut, la plateforme de Google qui marche très bien en Amérique latine, mentionnée dernièrement dans un article sur ce blog même et cité dans la vidéo de présentation de Google Wave. Il semble acquis que la marque Orkut ne disparaîtra pas en Amérique Latine.

Dans cette liste de réseaux, on trouve le chinois Xiaonei.com, qui fait 17 millions de visiteurs uniques, là où Facebook n’en fait que 1 million en Chine, Wer Kennt wen en Allemagne – sans oublier le réseau mobile aka-aki – (7 millions de VU/vs 5 millions pour Facebook) , Hyves aux Pays-bas (5 millions/vs 1 million).

Le JDN en profite au passage pour parler du réseau du Benchmark Group, sa maison mère: Copains d’avant.

Toutes ces plateformes sont des champions nationaux remarquables, dont le succès repose sur la valeur de l’expérience utilisateur proposée, l’antériorité de lancement, et le support linguistique adapté. Mais le point fort de Facebook est sa dimension globale, qui lui confère une dynamique de croissance bien plus puissante. Cette dimension globale sur laquelle peuvent s’appuyer des acteurs comme Orange ou Apple (bientôt?) pour lui faire concurrence.

Enfin, en faisant traduire son interface par ses propres membres, sur la base du volontariat, Facebook a trouvé le moyen de répondre au défi du particularisme linguistique.

Au fait merci au musée d’Orsay pour le titre de cet article, il faut que je me dépêche d’aller voir l’expo “Oublier Rodin”.

Bing/Wave: quand les annonces de Microsoft et Google se répondent

Lundi, juin 1st, 2009

La semaine dernière Microsoft espérait sans doute s’octroyer les feux de l’actualité technologique avec l’annonce de son nouveau moteur de recherche, Bing. C’était sans compter Google, qui a lancé sune nouvelle application, Wave, un mix entre Outlook et Groove (l’outil collaboratif de Microsoft). Avis aux agences spécialisées dans le nommage, dans l’année qui vient tout le monde vous commandera des noms en 1-2 syllabes maxi :)

Bing, promis pour être accessible le 3 juin, est déjà accessible ce lundi 1er juin: http://www.bing.com, et j’y ai lancé quelques requêtes.

Même si Wave semble avoir remporté le match des retombées presse, on peut avancer que Microsoft a réussi son coup. En effet, cela faisait longtemps que la presse technologique n’avait pas massivement mentionné des avancées dignes d’intérêt sur le marché de la recherche, en provenance d’un autre acteur que Google.

Microsoft aura moins réussi à susciter la curiosité, à créer du buzz, et à amener des habitués du moteur Google comme moi à chercher des infos sur Bing, et au final à le tester. La société présente cette application comme un moteur d’aide à la décision. Plutôt que donner accès au luxe de liens que fournit Google (et dont nous ne consultons qu’une infime partie), il prétend nous simplifier le travail, et circonscrire le cercle de la pertinence… très alléchant. Dans un contexte où nous sommes noyés par le volume d’informations disponibles sur Internet, promettre aux internautes qu’on leur simplifiera le choix est une promesse marketing bienvenue.

Avant l’utilisation du moteur, on perçoit aussi vaguement, à travers la vidéo de lancement et à travers ce que la presse en dit, que Bing serait un croisement entre un moteur de recherche et un comparateur de prix… Vu de ma fenêtre, ce serait du nouveau, et là aussi c’est alléchant.

Après mes premières requêtes, mes impressions sur Bing:

1. Le design du moteur est réussi, il se différencie en tout cas des interfaces très dépouillées d’images qui se sont généralisées récemment pour les moteurs. L’interface de Bing est structurée une très belle image d’arrière plan qui habille toute la page, et qui véhicule une dimension aspirationnelle dans la recherche d’informations. Fait nouveau, pour un usage Internet, très banalisé aujourd’hui. Il s’agit là d’un petit pari.

2. En fait de croisement entre moteur de recherche et comparateur de prix, Bing se contente simplement de passer la requête à des guides de consommation en ligne comme Ciao… Avis aux amateurs: il y a encore un créneau pour inventer un moteur de recherche qui soit aussi un comparateur de prix…

Autre petite déception, contrairement à Google et Yahoo, Bing n’a toujours pas repéré ce blog; en tout cas il ne le place pas sur la première page des résultats quand on rentre le nom de votre serviteur.

Venons-en maintenant à Wave. Comme la plupart des technophiles, je me suis précipité sur la vidéo qui fait la démonstration de cette nouvelle application. A ce stade, Je suis moins transporté que l’assistance de la démonstration, qui a, paraît-il, réservé une standing ovation aux présentateurs.

Pour ce que j’en perçois à ce stade, Wave unifie tous les outils de communication (mail, chat) et de collaboration (Wiki, espaces collaboratifs) utilisés dans l’entreprise. Il leur ajoute en outre une dimension réseau social. Wave propose donc de retrouver dans une seule application toute l’expérience dont nous pouvions bénéficier dans l’entreprise en agrégeant ou en faisant intégrer sur mesure des outils différents. C’est le portail d’entreprise 2.0 d’aujourd’hui, intégrant des outils conviviaux comme la reconnaissance vocale. C’est un gain fantastique!, mais , lorsqu’on ne l’a pas testé, ça ne semble pas totalement révolutionnaire. Vivement le test donc.

Le réseau social selon Yahoo?

Samedi, mai 9th, 2009

On pouvait lire récemment dans la presse que Yahoo, par la voix d’un de ses porte-parole, avait affirmé que le portail est intéressé par le développement des réseaux sociaux. Le contraire aurait été étonnant. Yahoo a été le premier acteur “historique” de l’Internet à faire une proposition de rachat de Facebook. C’était en 2006, il a ensuite été suivi par Google et Microsoft.

Impossible pour ces acteurs “historiques” de ne pas avoir une stratégie réseau social. Depuis 3 ans, ce type de réseau est devenu le nouveau paradigme de l’expérience utilisateur Internet. C’est aujourd’hui le format par excellence des communications sur le Web, un peu comme l’association portail+pages persos, était le paradigme à la fin du siècle précédent (et oui nous avons changé de siècle). Tout acteur qui a pour ambition de devenir le point d’entrée principal (et de rétention) sur Internet se doit de faire évoluer sa proposition éditoriale pour prendre en compte la dimension sociale.

Ce qui surprend dans le succès de Facebook ces dernières années, c’est que, en dehors des flux d’activités, ce succès est basé sur des fonctionnalités et des contenus que les acteurs historiques offraient déjà à leurs utilisateurs.

A titre personnel, je dispose d’une adresse mail Yahoo depuis la fin des années 90. Je suis donc exposé depuis plus de 10 ans à l’évolution de l’offre de contenus de ce portail. Si on prend les applications les plus utilisées aujourd’hui sur Facebook, encore une fois en dehors du flux d’activité, Yahoo les propose toutes depuis plusieurs années: messagerie, publication de photos, page personnalisée, chat, gestion de groupes et de listes de diffusion, vidéos…

J’utilise massivement la messagerie Yahoo, mais en dehors de la fonctionnalité de gestion de liste de diffusion, pratiquée il y a quelques années, je n’ai utilisé que très ponctuellement les autres services. Sur plus de 10 ans, je n’ai utilisé qu’1 à 2 fois la fonction chat de Yahoo. Essentiellement parce que Skype est mon logiciel de chat favori, et que je conçois – peut-être cela changera-t-il sous l’influence de mon expérience avec Facebook – ma session mail Yahoo comme quelque chose de relativement privé, et qui n’a pas à être “partagé” avec mon réseau d’amis. Partagé dans le sens où, je n’ai pas forcément envie que mon carnet relationnel sache que je suis en ligne au moment où je lis mes mails.

Qu’est-ce qui explique donc que Facebook ait suscité un nouvel engouement pour ces services, alors que Yahoo en disposait avant? Si cela ne vient pas des contenus eux-mêmes, c’est qu’il s’agit d’autre chose. Facebook l’a emporté sur la scénarisation de tous ces contenus et sur leur intégration. Facebook, Frienfeed, Bebo, Twitter, ces services Web nouvelle génération, offre une manière nouvelle de scénariser les contenus Web et l’expérience utilisateur.

Ce qu’on apelle la dimension sociale, qui par bien des aspects est une dimension communautaire, existait bien avant 2004, l’année de l’ouverture de Facebook à tous. L’année 2000 a vu une explosion de sites communautaires, dont les guides de consommation basés sur des opinions et des avis consommateurs, tels que epinions.com ou dooyoo.fr, auquel j’ai collaboré. Il y a d’ailleurs a un retour en force de ces contenus communautaires, tous les éditeurs de sites ayant décidé d’exploiter les contenus générés par les utilisateurs (UGC). Le secteur du voyage est un des plus actifs sur ce créneau avec des sites comme voyazine.voyages-sncf.com, Bluenity, TripAdvisor, Routard, ou VibeAgent.

Comment se mettre au goût du jour pour Yahoo? Comme tous les autres poids lourds, il n’a évidemment pas attendu cette chronique pour penser et tenter de mettre en oeuvre une évolution de son menu éditorial. La tentative de rachat de Facebook était déjà une première réponse, maligne et réactive. AOL semble mener avec doigté une telle stratégie, à travers son rachat du réseau social Bebo et son intégration avec les services maison les plus populaires. Nous en parlerons plus tard.

En dehors du rachat/intégration d’un réseau social d’envergure, l’autre approche consiste à modifier la scénarisation des contenus sur le portail. Ceci implique une nouvelle hiérarchisation des services, des modifications ergonomiques et la capacité à ouvrir le portail sur toutes les innovations de l’Internet, y compris si elles viennent d’éditeurs tiers. C’est la stratégie appliquée par Google, après le constat d’un rapprochement impossible avec Facebook. Il se murmure d’ailleurs que Twitter serait la nouvelle cible du moteur de recherche.

En termes d’expérience utilisateur, Yahoo pourrait tenter par exemple d’activer automatiquement les sessions chat de ses utilisateurs, comme le font Facebook et Google Mail. C’est une manière de forcer la main des utilisateurs, qui pourraient protester, mais on peut faire le pari que le succès des réseaux sociaux de dernière génération contribue à modifier l’attitude des utilisateurs face à une telle situation.

Le réseau social selon Google: iGoogle

Vendredi, avril 3rd, 2009

Je vous avais promis récemment d’investiguer ce que serait la réaction de MSN et Yahoo face au développement fulgurant de Facebook. Cela viendra bientôt, mais faisons d’abord un détour par Google. Car s’il y a bien un acteur de premier plan du marché Internet qui avait lancé son réseau social il y a déjà 4-5 ans, c’est Google. Ce réseau existe toujours et il s’appelle Orkut. Or… quoi? Orkut. Vous n’en avez pas souvent entendu parler car il y a 5 ans Google avait choisi de le lancer sur la pointe des pieds, un peu sur le mode réseau d’initiés. Je me souviens qu’un collègue chez Mandriva m’avait co-opté à un moment, mais je ne sais plus si j’avais répondu. Tiens encore un réseau à rajouter à ma liste de réseaux sociaux auxquels je ne me suis pas abonné. Mais promis j’activerai un compte Orkut prochainement pour les besoins de la comparaison.

On peut ainsi dire que si un acteur est passé à côté de la vague réseau social alors qu’il avait les cartes en mains au départ c’est Google. Sans doute l’entreprise n’avait-elle pas prévu que le phénomène se développerait aussi rapidement ces 2 dernières années.

Alors comment rattrape-t-elle son retard aujourd’hui? Sa stratégie semble basée sur 2 piliers: OpenSocial, un ensemble de spécifications ouvertes pour les réseaux sociaux, et iGoogle, son système de gestion de page personnalisée (le ”petit” camarade de Netvibes :)   ).  Lire ce qu’en pense Techcrunch.

Nous parlerons plus tard de OpenSocial, une alliance imaginée par Google pour empêcher que le marché du réseau social ne soit verrouillé par… Facebook notamment, en permettant à tous les contenus sociaux de communiquer entre eux.

La réponse frontale de Google à Facebook n’est pas basée sur son réseau social maison, Orkut, qui ne bénéficie pas de la notoriété de la star des réseaux sociaux, mais sur iGoogle qui est la version personnalisée du moteur de recherche Google, avec les contenus qui vous sont les plus chers. Or le moteur de recherche est le service le plus visité de Google, celui qui est devenu un passage obligé au moins une fois par jour pour tous ceux qui sont connectés.

Bien qu’ayant entendu le nom iGoogle depuis plus d’un an, je n’ai remarqué le service que fin 2008, lorsque j’ai vu sur mon ordinateur, au travail, que Google me proposait par défaut la version personnalisée du moteur de recherche… ce qu’il ne fait pas sur mon ordinateur à la maison. C’est qu’au travail, il a repéré que j’utilisais au moins 3 services Google: le mail, la gestion de campagne de liens sponsorisés, et Google Analytics (l’analyse de statistiques Web). Or Google permet aujourd’hui à partir d’une seule connexion d’accéder à tous les services et contenus maison, le tout pouvant être synthétisé sur votre page iGoogle (via des widgets)… un peu comme Facebook vous permet d’accéder à tous les contenus du Web… “Remix the  Web” quoi, comme dirait Netvibes… Avec iGoogle, vous pouvez chatter avec vos amis via Google Talk (dans la même page que celle du moteur de recherche) et vous pouvez suivre leurs flux d’activité/statuts via des applications tierces.

Google utilise ainsi la popularité de son moteur de recherche pour lier tous ses services entre eux et y ajouter la dimension  “sociale”. Viendra bientôt le temps d’inclure les fonctionnalités restantes de Orkut dans iGoogle, et de faire disparaître cette marque peu connu du grand public, au moins en Europe et aux Etats-Unis.

Pourquoi Facebook est devenu votre logiciel de chat par défaut, et pourquoi MSN et Yahoo sont devenus ses principaux concurrents

Dimanche, mars 22nd, 2009

Début avril 2009, cela fera un an que Facebook aura intégré la fonctionnalité de chat (tchatche en français) à sa plateforme. Ce qui pouvait ressembler, avant cette intégration, à un trombinoscope un peu évolué avec des fonctionnalités de mail interne est devenu alors un logiciel de messagerie instantanée intégrant des conversations protéiformes avec votre réseau d’amis et de contacts, dans un environnement qui regroupe les applications et les contenus les plus populaires de l’Internet.

Tous les éditeurs de messagerie instantanée, AOL, Microsoft (avec MSN), Yahoo, Skype et Google (Google Talk) ont dû tiré la langue. En effet, avec Facebook Chat, un nouveau concurrent arrivait sur ce marché déjà encombré, un concurrent armé de la croissance exponentielle de sa base utilisateurs, là où la base des acteurs “historiques” a tendance à faire du surplace ou à grossir de façon incrémentale.

La croissance de Facebook repose en partie sur la possibilité (inventée par d’autres et également utilisée par les autres réseaux sociaux) d’inviter d’un coup tout son carnet d’adresse, mail ou chat, à s’inscrire sur le site. Avec le développement de la fonctionnalité chat, c’est une partie de plus en plus importante des utilisateurs inscrits chez les acteurs historiques qui migrera ou dupliquera son usage de la messagerie instantanée vers Facebook. Surtout si Facebook trouve le moyen de permettre à ses utilisateurs, comme le fait Imo.im, de chatter avec des personnes inscrites sur des logiciels de messagerie concurrents. Un article de Techcrunch montre d’ailleurs comment Microsoft et Yahoo freinent pour le moment l’intégration de leurs logiciels de messagerie avec  ceux des concurrents.

Le but clairement affiché de ce réseau social est qu’on s’en serve pour interagir aussi bien avec ses proches qu’avec des clients, des fans, ou des entreprises, augmentant par là les possibilités de conversations instantanées de tous ordres, y compris au travail. En comparaison, les autres acteurs grand public viennent d’une culture où la messagerie instantanée est réservée à la sphère privée (famille, amis, etc.). Cela a des implications importantes sur les relations que les entreprises ou les personnes publiques développeront bientôt avec leurs “cibles”. On peut imaginer que telle personne publique ou entreprise pourra organiser un chat avec ses fans via Facebook. Parmi les nouvelles fonctionnalités de Facebook se trouve justement la possibilité pour les organisations et les personnalités publiques d’avoir accès aux mêmes types de fonctionnalités qu’un utilisateur lambda (chat, messagerie, invitation, vidéo).

Jusqu’à présent les entreprises passaient essentiellement par les sites de news de type Libération, Le Monde, ou Les Echos, pour organiser des chat à grande échelle en direction de leurs cibles; on peut parier qu’elles utiliseront de plus en plus Facebook pour ce genre d’événements.

Sur le marché de la messagerie instantanée, en termes d’utilisateurs inscrits, la hiérarchie est la suivante:

1. MSN – Live Messenger (environ 320 millions actifs)
2. Yahoo Messenger (plus de 248 millions actifs)
3. Skype (environ 309 millions enregistrés)
4. AOL (plus de 100 millions enregistrés)

Source: Wikipédia

En comparaison, Facebook ne compte aujourd’hui que 175 à 180 millions d’utilisateurs. Il est ainsi déjà devant AOL, mais derrière MSN, Yahoo et Skype. Cela dit, ces chiffres reflètent le nombre total d’utilisateurs inscrits, ils ne disent pas le nombre d’utilisateurs réellement actifs; par exemple combien utilisent le service au moins une fois par semaine.

Facebook étant devenue une des destinations les plus prisées au monde (il est dans le top 10 des sites les plus visités), on peut imaginer que le nombre d’utilisateurs actifs de son service de chat augmente lui aussi de manière exponentielle.

Dans une prochaine chronique, nous verrons si, en  réponse, MSN, Yahoo, Google, Skype  et AOL vont se transformer en réseaux sociaux.

Le premier téléphone HTC sous Google Android sort bientôt

Mardi, septembre 30th, 2008

Lors de la sortie de Chrome, le nouveau navigateur Internet, je vous parlais de la stratégie qui avait consisté pour Google à favoriser Linux, système d’exploitation concurrent de Windows. Avec Android, Google est allé encore plus loin dans le soutien de systèmes d’exploitation concurrents… en créant son propre système pour téléphone mobile. L’entreprise s’est dotée de la plateforme sur laquelle elle fera tourner Google Mail et Chrome, la messagerie et la navigation Internet étant les 2 applications Web les plus populaires, que l’on retrouve déjà sur les téléphones portables.

Ainsi, la bataille pour la suprématie sur les systèmes d’exploitation a provisoirement délaissé le poste de travail (trop monopolisé) pour atteindre directement le téléphone portable, qui offre lui une situation plus ouverte, avec Microsoft et Symbian (Nokia) au coude à coude, et d’autres acteurs comme Palm (en perte de vitesse), Apple (iPhone) et Linux qui essaient de développer leurs parts de marché. S’inspirant du modèle de développement de Linux, Google a choisi de se positionner sur l’interopérabilité et l’ouverture du code; ce qui permettra à tout développeur de créer des applications pour cette plateforme, et aux utilisateurs d’y installer les applications qui leur chantent. Ces possibilités ne sont pas offertes sur iPhone par exemple.

Mon smartphone HTC vient de mourir de sa belle mort, la carte mère a rendu l’âme. Et oui, les cartes mères des téléphones meurent aussi, on a tendance à l’oublier. Il est clair que je suis tenté par l’achat du prochain HTC Dream, qui intègre justement le système Android, et qui pourrait bien proposer une version mobile du navigateur Chrome. La meilleure plateforme matérielle en terme d’ergonomie (ah le clavier !) associée à un système d’exploitation innovant et à un navigateur Internet nouvelle génération : le rêve. Le prochain smartphone HTC porte bien son nom. Le seul hic? Pas de sortie française prévue avant janvier 2009.